Le codex d'Harmonie

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Le codex d'Harmonie

Message  Le Savoir Prismatique le Sam 12 Juil - 12:11

Bonjour à toi, cher lecteur.
Peut-être es-tu, par hasard, une des personnes ayant voici longtemps à ce jeu de rôle participé, ce jeu de rôle au scénario étrange et à l'ambiance intriguante, qui portait le nom d'Héritier Prismatique. Il était centré sur son scénario, mais hélas, s'étant arrêté fort tôt, nul ne put connaître le fin mot de l'histoire.
Or voici que, quatre ans plus tard, prenant ma plume amusée, je me suis ingénié à écrire cette fameuse histoire, et à la retracer, pour ceux qui, peut-être, l'eurent par le passé appréciée, et eussent souhaité la fin connaître, de même que le sens caché de cet univers. Ce fut pour moi également un amusant exercice, celui de retrouver le fil de mes lointaines pensées, et de, non sans égayement, retrouver ce que sont, dans l'imaginaire qui est le mien, les permanences et les impermanences d'un esprit singulier.
C'est un plaisir pour moi de le partager avec vous, ami lecteur, et j'espère que cela vous offrira un agréable divertissement. Je dois en revanche m'excuser par avance des quelques scories qui, par endroits, pourraient se dissimuler ; telles que des petites fautes d'orthographes, ou encore des mots manquant. La hâte avec laquelle j'écrivis, de même que le cénacle restreint auquel ce texte est dédié, ne m'a point donné l'occasion de mieux polir ce texte que je vous dédie. Recevez néanmoins mes respects les plus dus.

Phil


___________________________________________________________________

Important : Le scénario de l'Héritier Prismatique, en réalité, ne fonctionnait pas en vase clos. Il était la suite plus ou moins indirecte, tel que je l'eus par le passé déjà expliqué, d'un autre jeu de rôle : L'Héritage du Créateur
. Ce dernier à la vérité vécut encore moins que l'Héritier Prismatique, mais dans un esprit de continuité, l'Héritier Prismatique fut écrit comme une suite indirecte, quoique s'en éloignant profondément, du scénario de ce jeu de rôle, administré par Warp, qui était également devenu membre de l'Héritier Prismatique. Ce pourquoi, dans un souci de clarté, je commence cette chronographie par un bref résumé du scénario de "Quintessence", que j'eus au préalable légèrement modifié et adapté au scénario que je projetai alors. Il est donc à la fois le produit de Warp, et mon propre produit.


Au commencement était la Quintessence.


AUX ORIGINES DE CE MONDE
A l'origine, une énergie – que l'on nomma, faute de mieux la comprendre, « Magnus Fragor » (Grand Fracas). De là commença l'expansion de l'univers, de laquelle notre planète fut née. Au centre de l'univers, au point d'impulsion premier que généra le Magnus Fragor, une civilisation aux hautes capacités intellectuelles forma une cité, l'Arcadie, qui servit de point d'observation sur l'ensemble de l'univers connu. Bientôt, l'Arcadie s'étendit, et devint le point d'impulsion d'une véritable organisation fédérative des civilisations avancées.
De là, naquit la plus haute et la plus raffinée des civilisations – une civilisation, toute tournée vers la connaissance et la réalisation d'un capital de connaissance sans commune mesure, capable d'appréhender l'univers, de le comprendre, de le chérir et de le transcender. De ce capital extraordinaire de savoir, naquit une société parfaite, dirigée par les philosophes, qui eût atteint le plus haut niveau de compréhension des faits psychologiques et sociaux et le plus délicat des arts.
L'aboutissement de tout ceci fut la reconstitution de l'impulsion originelle, grâce au très haut niveau de connaissance qu'ils eurent atteint. Cette impulsion originelle, virtuellement reconstituée, fut concentrée dans un diamant intelligent dont l'éclat fait écho sur l'ensemble des sciences de l'univers, et dont les rayonnements réfléchissent la Conscience (Cum Scientia – avec savoir) de l'univers. On l'a appelée Quintessence (La Cinquième Essence, ou Essence Éthérée).
A partir de là, l'Arcadie ne connut plus aucun trouble en son magistère – elle se constitua une société de philosophes et de savants sans nul autre pareil, et gouverna avec sagesse sur l'univers intelligent, en surveillant les civilisations en cours d'évolution avec attention.

La société Arcadienne était une société patricienne et patriarcale, basée sur certaines familles puissantes qui faisaient perpétuer un enseignement philosophique très précis. Une des plus puissantes familles d'Arcadie furent les Fergiessus, qui avaient un pouvoir politique non négligeable. Le patriarche de la famille, qui fut prénommé Magnum Fatum (Le Grand Destin) Fergiessus, ou simplement Magnus (Le grand), était un homme plein d'ambition et touché d'une sagesse immense comme il convenait des fils de ces grandes familles destinées à diriger la contrée d'Arcadie.
Doué d'une intelligence et d'une habileté sans nulle autre pareille, il se donna tout entier aux choses de la science et de la politique. Il se spécialisa dans des études au sujet de la Quintessence, au propos de laquelle il eut précocement un intérêt sans faille. Ressentant que cette construction virtuelle était le précurseur d'une perfection encore à atteindre, il étudia celle-ci et s'adjoignit d'en extraire toute ses possibilités. Il éleva une théorie : la Quintessence ne serait pas existence absolue et à science universelle, mais chose relative et à sujet anthropomorphique, car la logique obtenue de ses réfractions correspondent à une attente a priori humaine qui conditionne ses informations, tel qu'il l'explique après mainte expériences. Par conséquent, la Quintessence aurait été production humaine : elle n'est pas l'œuvre de l'univers, mais l'œuvre de l'humanité consentant l'univers.
Personne ne prit au sérieux cette théorie, qui relativisait voire minorait l'importance du savoir Arcadien, duquel son peuple se faisait grand orgueil. Fergiessus, lui, comprit très tôt ce que personne ne sut ou voulut savoir : que la Quintessence était la porte à la fondation d'un univers humainement conçu, ou, à construction anthropocentrique absolue. Autrement dit, bannissant les incertitudes de l'univers absolu qui se jouait de la nature humaine incapable de pleinement l'appréhender, il se figura un univers où toute chose, toute connaissance, tout savoir, serait assujetti à l'interprétation humaine, et où celui-ci pourrait enfin atteindre la pleine conscience et la pleine compréhension de toutes choses.
A la suite d'une longue et coûteuse intrigue, il parvint à réunir des troupes pour réaliser son idéal et se lança à l'assaut de l'acropole d'Arcadie. Il parvint à atteindre le cœur du système quintessenciel et fusionna avec celui-ci, entraînant l'anéantissement de l'univers concret et la naissance de l'univers anthropocosmique.

EPISODE 0 : QUINTESSENCE – ou : l'héritage du Créateur

Magnus, lorsqu'il eut détruit l'univers et fut seule conscience encore entière à observer le chaos qui s'abattit alors, où tout les éléments fusionnèrent et où plus rien ne fut substantiel ni entier, prit la décision de reconstruire l'univers en se faisant Dieu : si Dieu n'existait pas, il convenait qu'il le devînt.
Il refonda les éléments, reconstitua les âmes et les dimensions, et s'attela à la tâche de tout reconstruire brique par brique. A la fin de sa tâche, le Dei Systema fut complet : un univers où lui seul avait pleine compréhension des logiques qui le sous-tendent, et où lui seul dirige l'univers depuis son magistère omniscient. Il fut, à proprement parler, Dieu, à partir de là, ou Deus.
A partir d'ici, il devint un être omniscient qui observa le monde depuis son autel éthéré, dans la dimension Quintessencielle. Rien ne lui fut plus refusé, et il s'improvisa un univers tout entier tourné vers ses désirs, dont les âmes et les éléments furent soumis à sa volonté changeante d'être humain définissant par son intelligence les fondements de l'Univers. (Deus Urbs)
Cependant, telle situation devenait rapidement stérile, et lui-même voyait son esprit devenir désolé. Alors, il convint d'offrir aux hommes, à certains d'entre eux, la liberté qu'il leur refusait : celle d'exister. Il fonda une famille, la famille d'Israël par son fils consacré, Isaac, qu'il mit dans la confidence divine, et qu'il commanda de prêcher la bonne parole en tant que lui et sa famille représentaient le peuple élu désormais. De là commença la très longue histoire de l'univers de l'ère dite "Unus Deus". Elle dura plus de 2000 ans.

La famille d'Israël, inspirée de la bible judéo-chrétienne, était une parabole censée permettre à Deus de sublimer son œuvre, en constituant une civilisation distincte qui, toute entière et par libre consentement, se tournerait vers sa seule volition, laquelle, souverainement, trancherait sur le sujet des âmes, lorsque le reste de l'univers serait assujetti, d'abord à lui, ensuite aux volontés des races élues. Les races élues prirent le nom de Purs.
La famille d'Isaac se perpétra sur quatre-vingt deux générations, et écrivit le Creatoris Codex qu'ils complétaient à chaque génération, ouvrage précieux recelant l'histoire de l'Univers et l'œuvre de Deus, le père-créateur, dont il était cependant omis d'expliquer ce qui se pût être antérieurement à sa Genèse. De là, les peuples élus s'élargirent sur le multi-univers de Deus, entreprenant chaque monde pour y prêcher la bonne parole.
A l'issu de deux mille ans de processus, un homme, Philemore Fergesson, et son frère, Balthazar, sortirent de l'absurde lot des familles élues. Ceux-ci, devenus patriarches de la branche de Judée après la mort de leurs aînés, découvrirent des fragments du Codex lorsque ni leur éducation ni leur personnalité ne les prédisposaient encore à cette responsabilité. De là, commence une prise de conscience aiguë qui pousse les deux frères à se rebeller contre leur divin créateur, une révolte contre l'ordre divin, sublime. La révolte devint révolution lorsqu'ils annihilèrent entièrement leur branche du peuple élu.
Ce massacre en premier lieu surpris Deus. Il envisagea tout d'abord de réprimer violemment les deux meurtriers, tel qu'il l'eût souvent fait contre les libres-rebelles auparavant, puis il se figura qu'il serait hautement plus amusant de les laisser vivre et de voir, pour une fois, ce qui allait se passer. Ainsi, c'est par une pirouette d'humeur toute humaine et absurde que fut consommé la fin de l'Univers-Dieu : le libre-arbitre, au sein toutefois d'un cénacle pré-élu, était né.

Philemore et son frère entreprirent donc de se rebeller contre Deus. A cette fin, et du peu d'informations que le Creatoris Codex leur fournit, ils durent entreprendre de comprendre l'origine du pouvoir divin, le filtre qui le reliait à l'univers connu et lui permettait de contrôler les univers comme de vaines illusions. Ils savent du Codex qu'il créa une entité qu'il nomma Janus, et que Janus serait d'après les textes le lien qui relie Deus à l'univers. Qui est Janus et de quoi est-il fait ?
De longues recherches permirent aux deux frères de réaliser que le monde était gouverné, depuis Janus, par une énergie éthérée qui émanait de Deus : la Quintessence. Par d'ardues et ambitieuses recherches, les deux mirent à jour un connecteur qui permit de modifier les afflux d'énergie Quintessencielle et de les concentrer en un point. Par des expériences, il déterminèrent des fonctions propices au développement du Libre-Arbitre dans les zones sous contrôle où ils l'expérimentèrent.
D'ici, vint la cassure : que faire ? Balthazar prit pour principe que les études finissaient ici : il restait à faire converger abondamment l'énergie de Janus vers un point clé, et d'ici fonder une société libre en parallèle à celle de Deus, car il n'y avait rien d'autre à faire sinon de s'autodétruire avec Janus, car ce monde n'existait que par la perception qu'en avait Deus. Philemore, de son côté, s'enquit de cette conception : il considéra que, tant que Deus était, il n'était de liberté, qu'il était la suprême opposition à la conception même de libre-arbitre et d'humanité quelconque soit-elle. Il s'agissait donc de le détruire, quel qu'en soit le prix, car ce monde n'était autre chose qu'une illusion : si aucun monde ne devait surgir à la suite de celui-ci, alors ce serait un moindre mal que de le laisser subsister. Et cependant, un monde devait venir à sa suite, et une boucle cosmologique reprendre sa suite, alors le rêve de l'Humanité serait consommé, et c'est bien là le but dernier de Philemore.
Cette rupture fut dramatique pour la suite, et fut celle qui amusa le plus Deus. Lui qui s'était amusé à réaliser tant de semblable scénarios dans ses conceptions déviantes, de guerres fratricides et de dilemmes cornéliens au plus haut tragique, il s'amusa de les voir reproduites ici tout naturellement et par le libre enchaînement des choses. A partir de là, les deux frères allaient mener chacun un plan séparément, et mener une guerre à mort indécise entre eux ; ce qui remplit de joie Deus, qui s'amusait de cette perspective divertissante.

A la suite de ces évènements, commence une lutte à mort au sujet de deux conceptions divergentes d'un Univers-Futur. Philemore, extrêmement intelligent et ayant mené de lui-même une grande partie des recherches sur la Quintessence et au propos desquelles il n'eût pas forcément tout divulgué à Balthazar, s'empressa de mettre au point une méthode élaborée de concentration permanente de l'énergie Quintessencielle en un point singulier, depuis Janus, dans un joyau artificiel précis auquel il donna le nom éponyme de Quintessence Artificielle.
Cette stabilité de l'énergie Quintessencielle lui permit d'accéder par elle à la connaissance déifique Universelle, c'est-à-dire, à un fragment de la connaissance de Deus, malgré quelques interférences. De là, il sut avec certitude les choses suivantes : 1 – que Dieu existe, qu'il est un Homme avec un passé dans un univers ultérieur ; 2 – que l'univers actuel n'est pas substantié, autrement dit, n'existe pas tel qu'il le pressentait, mais naissait de l'infinité d'un univers éthéré supérieur : La Dimension Quintessencielle ; 3 – de Dieu, qu'il n'existe substantivement, en réalité, que dans cette dimension parallèle (Dimension Quintessencielle) depuis laquelle il contrôle l'univers arbitrairement ;  4 – qu'il pouvait accéder à celle-ci par Janus et que, possédant une existence substantielle, celui-ci (Deus) était mortel. Ces quatre faits étaient capitaux : cette histoire ne tournait pas en rond, et il pouvait y mettre fin. Il sut du reste que pour accéder à Janus entièrement et non par bride, il lui faudrait une masse d'énergie Quintessencielle supérieure encore à celle-ci...
Balthazar, de son côté, s'enquit de stopper Philemore. Il n'avait pas sa connaissance rationnelle et scientifique, et bien des éléments lui échappaient – mais, pratique dans sa méthode et humain dans sa dévotion, il savait que Philemore était un fou et qu'on ne détruit pas des milliards d'âmes sous prétextes que celles-ci ne seraient qu'illusions. Il savait qu'on pouvait concentrer l'énergie Quintessencielle ; il savait que cela permettait de faire éclore le libre-arbitre dans les âmes ; d'où il concluait que les âmes ne sont pas des illusions, mais juste des êtres soumis à l'arbitraire de Dieu. Il suffisait de créer un havre hors de son contrôle en déviant l'énergie Quintessencielle par une révolution technologique, mais ceci demanderait du temps. Enfin, espionnant Philemore, il savait ses buts terribles et les conclusions qu'il avait conduites ; il prit donc la décision de fonder une armée rigoriste et volontaire, la Brigade Utopie, laquelle aurait pour rôle de fonder un Éden nouveau tout en empêchant Philemore de détruire le monde.

Philémore, quant à lui, compris qu'il ne pourrait jamais vaincre Magnus et la brigade Utopie seul, malgré l'aide qu'il se faisait de morceaux de Quintessence artificiels qu'il avait reconstitués à l'aide de l'art alchimique. Afin de tenir bon, dans la poursuite à laquelle ils se donnaient lieu d'univers en univers, Philémore finit par trouver une jeune femme à qui il put donner le dépôt de ses recherches, et l'utiliser comme disciple : Maryline.
Maryline était une jeune femme qui n'était que fort peu portée aux curiosités de l'ésotérisme, mais elle était une personne isolée, fort curieuse et d'une éducation libre-penseuse qui lui permettait, par position philosophique, de penser en opposition à Deus, sans pour autant se réduire à l'extremité de Philémore qui constituait, comme moyen envisageable de sortir de cette boucle infâme, la destruction de l'univers et l'attente d'une éventuelle reconstruction.
Le présupposé de Maryline était le suivant : si le monde était détruit, et l'univers ainsi reconstitué, l'on ne consommerait pas pour autant l'épineuse question, qui court depuis les fondations de la pensée humaine libre, du libre-arbitre. Si aucun libre-arbitre n'existait, qui pouvait jamais affirmer que la destruction et recréation de l'univers par Magnus n'était pas inévitable ? Détruire le monde sans laisser aucune contrainte à sa reconstruction reviendrait à laisser de nouveau l'univers se recréer par les lois naturelles qui avaient présidées à sa première fondation, or rien n'indique que dans ce monde, le libre-arbitre n'existât, et si, au final, nous ne serions pas victime d'une boucle, d'un cycle dharmique parfait et infini, dont l'épisode des deux mille ans et quelques de Magnus ne serait que le hors d'oeuvre, l'épisode final, sorte d'Apocalypse promise avant que tout ne recommence dans les limbes. Devant cette éventualité insupportable, Maryline ne pouvait ni souhaiter la continuation de la tyrannie de Deus, ni vouloir la destruction du monde telle qu'envisagée par Philémore. Mais elle était trop faible pour faire quoi que ce soit, tandis que Philémore était un être surpuissant, sorte de dieu homérique capable d'ébranler les montagnes par sa seule force, que Balthazar même avait fini par craindre.
Eventuellement, Philémore sut qu'il devait laisser à Maryline la tache de finir ce qu'il avait commencé. Il lui laissa les morceaux de la Quintessence qu'il avait pu réunir, et, utilisant un groupe de personnages qu'il recruta dans diverses dimensions pour l'excellence de leurs capacités, il essaya de s'élancer à la conquête de la Tour du Créateur, lieu dévasté originel qui était les derniers restes de ce qu'il demeurait de l'Arcadié originelle. Il y mena un violent combat contre Balthazar et sa Brigade Utopie. Finalement, ce groupe de personnages brillants, composé de six jeunes hommes, ouvrirent la brèche vers Magnus - et Maryline, qui les accompagnait, y pénétra.
Une fois qu'elle fut dans la Dimension divine, par-delà Janus, elle fit face à Magnus, seul. Elle savait qu'elle devait le tuer. Elle savait aussi qu'il n'y avait aucune certitude que l'univers se recréât si elle tuait Magnus. Ce dernier, prenant peur, toujours fou, tenta de la convaincre de gouverner avec lui l'univers dans son entier - deux dieux pour un univers toujours plus grand. Mais elle refusa, elle ne pouvait soutenir l'option d'une tyrannie aussi odieuse et parfaite d'un Dieu unique et parfait. Elle voulait protéger l'univers. Elle voulait protéger toutes vies. Mais elle ne voulait pas mourir. Elle ne voulait pas que l'univers disparaisse. Mais il n'y avait pas d'autres choix...

Alors elle poignarda Magnus.
Et, au moment subreptice, à l'instant indénombrable et indescriptible, au temps précis et indéchiffrable, où la mort de Magnus fut consommée et où son esprit entra en parfaite symbiose avec l'univers entier et, surtout, celui de Maryline elle-même, en contact avec ce dernier, il se passa une chose indescriptible. La pulsion de vie qui animait Maryline, sa volonté de vie, de préservation de l'univers, était si forte, l'amour qui en débordait, si parfait et si beau, que l'univers, en s'effondrant sur lui-même, en produisit un second dans un feuillet inférieur d'univers - un second univers se créa, qui n'était pas à proprement parler réel, mais qui existait "en deça" du précédent univers, qui, lui, à compter de ce jour, n'exista plus. Dans cet univers idéal, qui était animé par l'Esprit et par l'Esprit seul, des réminiscences, des souvenirs et mémoires de l'ancien monde, vaguant passivement dans ce feuillet d'univers, constituèrent bientôt de nouveaux mondes, constitués uniquement des souvenirs des anciens mondes, animés par des âmes dites "réminiscencielles" qui n'étaient aucunement consistantes par elles-mêmes, mais existaient par agrégat de souvenirs vagues, par une sorte de mystérieuse pulsion de l'âme dont on n'aurait su exactement pointer l'origine, mais qui animait ces mondes renaissants.
Ce fut le début de l'Univers Harmonique.


Dernière édition par Le Savoir Prismatique le Dim 20 Juil - 20:23, édité 8 fois
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Re: Le codex d'Harmonie

Message  Le Savoir Prismatique le Mar 15 Juil - 9:16

L'héritier prismatique

Bonjour. Après le court résumé des scénarios précédents, qui vous auraient été de toute façon expliqués au cours du scénario (et notamment celui de Quintessence, dont ce RP est une suite indirecte), je suppose qu'il est bon de répondre à la question que vous devez légitimement vous poser : mais que se passait-il enfin dans ce scénario de dingue ?

Certes, je subodore que ce n'est pas ce qui a troublé votre sommeil, surtout après cinq ans. Je ressens néanmoins l'envie de vous partager l'entièreté de ce scénario et, qui sait, peut-être qu'un ou deux d'entre-vous, en repassant par là, se piquera de curiosité pour savoir ceci : quel était le sens du scénario, qui étaient les personnages, qu'est-ce qui se tramait et avons-nous vu la vision ?

Alors on y va. On n'a plus trop le choix. Le coeur léger, devant l'adversité et afin de protéger nos précieux fluides corporels, nous présentons devant vous le scénario de l'Héritier Prismatique. Ca va être drôle.

L'Héritier Prismatique

"A cette fin – n'avez vous pas encore remarqué ? Vous venez tous de mondes différents, et non pas du même monde. Vous êtes issus de mondes différents et de situations différentes, mais vous avez tous le potentiel... celui que je cherche pour m'aider dans mes recherches. Le potentiel d'exister. Même si à ce jour, pour moi, vous n'êtes rien... il ne me reste qu'à forcer votre évolution. C'est urgent. Vous n'avez pas le choix."

Vous vous en souvenez sans doute : vos personnages sont morts à une époque X, et leurs âmes ont été sauvées par un mystérieux scientifique surpuissant, Tiktal Esbald (image plus ou moins proche, autoportrait du peintre Caspar David Friedrich). Il a sauvé vos âmes pour les amener dans cet univers, parallèle à l'univers originel, car, vous dit-il, cet univers a été fondé il y a fort longtemps par un scientifique génial sur les traces duquel il se trouve être : l'Archimède.

"Pourquoi auriez-vous entendu parler de lui, dans votre petit coin du monde ? Car l'Archimède était le plus grand des génies. Il avait découvert la clé de l'espace-temps, et avait trouvé le moyen de voyager entre les dimensions. Plus loin encore : il a trouvé le moyen de revenir de la mort. Il a commencé un cycle de résurrections où il partait vers un monde, y apportait connaissances et évolutions en tant qu'archisavant, puis lors de sa mort, ressuscitait dans un autre monde duquel il participait à son tour à son évolution. Il avait découvert les secrets de l'univers et avait vaincu même la mort. Dans son cycle à travers les mondes, il a apporté plus de savoirs et de connaissances que quiconque. C'était le plus grand savant de l'univers tout entier, quel qu'il soit."

Pour retrouver le discours le plus important d'Esbald, cliquez ici.

Cet univers n'est pas censé être accessible aux âmes du monde supérieur en théorie, mais un niveau de connaissance, de science et d'abnégation hors du commun permet d'y accéder. C'est un monde de morts, d'âmes vacantes, de souvenirs vagues en provenance des mondes de l'univers supérieur. Esbald y accéda voilà longtemps, en sacrifiant sa propre vie au nom de l'idéal Archimédique d'accéder à la Science parfaite et universelle, de se mettre sur les traces de ce génie qui, dit-on, avait découvert le secret de la métempsychose, et qui s'était incarné successivement sur différentes planètes pour, à chaque fois, apporter à la Science de chaque civilisation une avancée considérable par sa seule existence. Pris de profonde admiration, Esbald est sur ses traces ; il voudrait le retrouver, connaître ses secrets, s'abreuver de son savoir, et éventuellement, découvrir pour lui et pour les héros les moyens de s'arracher définitivement du sceau du destin harmonique, qui condamne les choses à être prédestinées, à exister selon un schéma préétabli, et in fine, à mourir.

" — Ceci... Est le vrai visage de l'univers. La "Réalité" globale, notre combat quotidien. C'est un monde, un univers, un ensemble... immuable et fataliste, qui fonctionne au rythme d'une horloge maudite et effroyablement douce, si douce que l'on la croirait admirable, mais en réalité haïssable, du nom d'Harmonie. Cette Harmonie régit nos vies, et régit une seule et même réalité pour tous. Trouvez-vous cela acceptable ? Regardez ! Vous comprenez, non ? C'est ce qu'on appelle le Destin !"

L'endroit où se retrouvaient les héros après leur mort, l'esprit encore frappé, était dans une grande tour, sur un ascenseur qui montait, lentement, des heures durantes, au milieu de l'espace, isolé au coeur du vide. Esbald y était une sorte de demi-dieu ayant la capacité de modifier l'ensemble de l'univers autour de lui, car, expliquait-il, il a "vaincu le Destin" et s'est rendu maître de ses propres déterminations imposées par le cosmos universel, dite Harmonie universelle, ou plus simplement appelée Harmonie, concept qui peut prendre une identification anthropomorphique puisque, par instants, il parle d'Harmonie et l'identifie comme s'il parlait d'une personne, signifiant sa hargne envers le destin. Son pouvoir était tel, que s'il voulait modifier la configuration des planètes, ou changer du tout au tout une représentation de l'esprit, il le pouvait fort aisément ; son pouvoir était tel, que s'il voulait vous supprimer de ce monde, il l'aurait pu fort aisément ; cela allait de la météo, à l'ouverture de d'autres dimensions. Il lisait même les pensées des personnages, et répondait avant même qu'ils n'eussent dit quoi que ce soit.

"Tout ce que vous avez jamais pensé et voulu, c'est car l'Harmonie l'a d'abord voulu... ce que je vous montre là est ma vision. Je vous projette ma réalité, et je vous l'impose – tout comme elle impose la sienne – à la différence que c'est pour que vous voyiez... pour que vous réalisiez... pour que vous prenniez conscience, de l'existence du Destin, qui ronge ce monde !"


Son but premier, c'est de s'émanciper des chaînes du destin, ce qu'il a accompli mais qui, pour une raison qu'il ne vous précise pas, n'est pas encore parfait, et d'autant plus que vous, qui devez l'aider pour des raisons que vous ne connaissez pas, êtes encore totalement enchaînés et prédéterminés par l'Harmonie universelle.

"En mourant et en atterrissant ici grâce à mon intervention, vous avez fait le premier pas pour devenir... réel. Par là, entendez : Pour devenir maître de votre destin !! Vous n'avez pas à attendre qu'un esprit collectif décide de qui vous êtes et de ce que vous devez faire... vous pouvez prendre votre destin en main, et le diriger ! Et vous devez y parvenir. Vous devez devenir de véritables êtres vivants, à part entière. Vous devez exister !"

Le secret de cet accomplissement ? Ce sont les cristaux prismatiques. Il vous montre un de ces cristaux, dans la paume de sa main. Ils brillent d'une douce lueur multicolore. Vous sentez une prodigieuse force qui émane de ces cristaux – on se sent presque renforcé soi-même. Il s'agit du produit des longues recherches de l'Archimède – la pierre philosophale, la quintessence si longtemps recherchée, le produit d'une alchimie ingénieuse – la pierre prismatique, qui existe en grande quantité dans des dépôts cachés aux quatre coins de cet univers dont l'Archimède a arpenté les lieux, et qui permet, lorsqu'on est en contact avec elle, de s'extraire soudainement de la tutelle de l'Harmonie, et d'atteindre un niveau supérieur d'existence. Pour Esbald, si l'on retrouvait de ces cristaux en quantité suffisante dans les laboratoires abandonnés de l'Archimède, mort maintenant depuis longtemps, l'on pourrait alors s'émanciper complètement, d'abord vous, et pourquoi pas, plus tard l'humanité entière, en renvoyant tous ces cristaux dans le monde supérieur d'où vous venez, le monde des vivants... mais c'est une autre
question.

Esbald est surpuissant. Pour convaincre les protagonistes, il décida de détruire une planète. Avec un verre. Puis, il utilisa les débris de cette planète pour anéantir un membre de l'équipe qui refusa de coopérer. Il ne jouait, visiblement, pas dans la même catégorie. Intériorisant son immense supériorité d'être (selon ses termes) sur le leur, encore chétif et hésitant,les héros partirent donc à la recherche des ces dépôts secrets de l'Archimède.
C'est le coeur de la quête de l'héritier du prisme. C'est ce qu'il appelait la "quête pour devenir réel".

Léon Vogüé, la croisée des chemins
"Vous voyez, vous êtes, eh bien, à cet endroit que l'on nomme "La Croisée des Chemins". Il est un lieu insolite entre toutes les dimensions de cet étrange monde."

"Pour vos questions, c'est délicat. J'aimerais vous répondre avec plus d'aisance, mais c'est compliqué... premièrement, cher colonel, laissez-moi vous dire ceci : la réponse réside dans un peu des deux. J'ai beaucoups voyagé et immortalisé bien des mondes et des portraits, mais je voulais surtout immortaliser ces souvenirs que j'ai partagés, et les immortaliser de ma propre main ; car je réalisai vite qu'une photo – pour ceux ayant connu son invention – ne retranscrivait que la stricte et futile réalité. Et leur mémoire n'aurait pu être sublimée sans une part de moi, pour s'en souvenir à jamais – en d'autres termes, j'en suis venu à cette phrase : ce qui est réel est-il véritable ?"

Les héros se retrouvaient alors dans un univers isolé, au bord d'une plage, où un homme, Léon Vogüé, peignait, aux côtés de sa villa esseulée. Celui-ci les accueillant chez lui, fort gêné car voilà bien longtemps qu'il n'avait pas reçu des invités, certes affable mais un peu maladroit, il leur expliqua qu'il est celui ayant à tache de leur faire parcourir les mondes les uns après les autres. En revanche, il ne souhaitait pas le faire car, sous-entendait-il au sujet des héros, ils n'étaient guère les premiers envoyés par Esbald, et le sort des premiers tourna mal, fort mal. En outre, ce dernier refusait d'aider les héros dans la quête pour "devenir réel", car il considèrait qu'elle n'est pas saine, sans trop vous expliquer les détails. Mais il voulut bien les déplacer vers les mondes indiqués par Esbald, du fait de leur insistance.

Nous vous expliquerons bientôt qui étaient Léon Vogüé, Tiktal Esbald, et ce qu'ils voulaient dire en réalité derrière ces phrases énigmatiques. D'abord, voyons le début d'Andell et ce que cela nous enseigne, dernière partie du jeu de rôle qui fut faite à proprement parler (à partir de quoi, l'on rentre dans les prospectives et dans le scénario qui avait été prévu par l'auteur indépendamment des circonstances).

Le monde de Lennus II

Au début d'Andell, les héros se firent attaquer par une femme mystérieuse – Claire. Cette jeune fille aux cheveux décolorés, vraisemblablement albino, essaya de vous assassiner pour une raison inexpliquable. Elle est aussitôt arrêtée par Sigma, qui représente, à ses dires, le "chef" d'un groupe ennemi, les Juges. Il était un "Juge", il avait été préposé à juger les Justes d'après ses dires, et obéissait à "la Mort" elle-même. Quel étrange personnage. Les deux s'en allèrent, après que Sigma eut empêché Claire d'assassiner les héros. Que voulait-il dire ?

A Andell, les héros se déplaceront dans des plaines lugubres pours sauver un village au coeur d'un monde sous-terrain, touché d'une malédiction où une sorte de démon, habitant les cavernes, tuait successivement par sortilège les habitants les uns après les autres. Avec l'aide du héros légendaire Farus, issu du jeu Lennus II, ils partirent pour tuer le démon Forga. Ce faisant, ils devaient théoriquement aider Farus à récupérer le dernier "oeuf" dont il avait besoin pour sauver ce monde, en accord avec une prophétie ayant cours dans ce monde-là.
Là-bas, les héros trouvèrent les premières notes de l'Archimède, mais c'était insuffisant. Il n'y avait pratiquement pas de cristaux prismatiques. Ils eurent en revanche des visions, sur l'Accomplissement de l'être préfiguré par l'Archimède, l'usage des Cristaux Prismatiques pour émanciper l'humanité de "l'antique barrière" posée à l'esprit humain par l'Harmonie... une sorte de temps de la Révélation, de temps futur promis par l'Archimède en sa qualité d'être extraordinaire. C'était comme si, en un temps destinal donné, l'Archimède devait revenir pour rendre la liberté aux Hommes. Tout cela était-il vrai ? En tout cas, Esbald se réjouit de ces découvertes, lui qui était toujours, dans sa passion et son admiration pour l'Archimède, à l'affut de la moindre information. Mais lui-même se demandait : que cela signifiait-il ? Etait-il encore vivant ?
Ils recevaient régulièrement des messages semblant provenir d'un homme chauve étrange leur apparaissant en vision, ainsi que des avertissements de Claire, qui avait tenté de leur empêcher d'aller plus loin au début de ce monde. Des messages leur arrivaient les avertissants d'une erreur dont les conséquences seraient irréversibles. Que cela signifiait-il ?

Sur le retour, ils allèrent au temple où Farus devait poser les quatre oeufs pour libérer Andell de l'obscurité, et ainsi libérer son monde. Or, à la place, Andell s'effondra – tout fut anéanti dans une chute vertigineuse du monde d'Andell en son entier, chutant dans les limbes. Les héros, eux, furent transportés à l'extérieur, sur la terreur [d'Elles], seule terre ferme, hors de l'obscurité, où les héros se retrouvèrent nez à nez avec Claire qui leur expliqua qu'elle avait tenté tant bien que mal de les prévenir de ce fiasco, et que maintenant, le destin tel qu'écrit par Harmonie, dont elle avait hélas connaissance, s'est accompli, et que tout a été détruit tel que cela était inexorablement écrit. Et ils avaient actionné, réalisé, cette action par leur négligeance, eux qui prétendaient être venus pour dévier le cours du destin ! Pour Farus, qui était sous le choc, ça n'était pas si grave : lui ne pouvait pas s'émanciper de son destin. Mais pour eux, qui auraient pu savoir, réaliser, comment ont-ils pu être aussi dupes ? Mais il est trop tard. Elle eût souhaiter leur tordre le cou, mais elle se retint.
Elle leur expliqua qu'elle était un Juge, et que les Juges sont ceux qui siègent auprès de ExDeus, ou "La Mort" selon les mots précédents de Sigma, c'est-à-dire une sorte de sur-dieu existant par-delà ces mondes, surplombant l'Harmonie elle-même, existant dans une dimension supérieure, d'où il gère les lignes du destin avec les membres de son conseil, les fameux "Juges". Les Juges ont pour mission de lire le destin, et de juger de s'il est juste en accord avec les principes universels de Préservation du monde tels que posés par ExDeus en tant que dieu transcendant. Dès qu'il semble que le destin doive tourner de manière torse, il leur convient de l'arrêter, en agissant sur les âmes individuelles. Ce sont aussi eux qui repêchent les âmes singulières des gens ayant un fort potentiel d'existence, pour leur permettre de devenir à leur tour des Juges et de participer au réglement collectif du Destin harmonique. Elle avait ainsi tenté, en vain et contre sa hiérarchie, d'empêcher la chute d'Andell, qui avait été sanctionnée par ExDeus. Or, elle n'y parvint pas, et même pire, les héros avaient accéléré le processus et l'avait encore plus aggravé !
Elle n'en revenait pas. Elle partit, et les héros se retrouvèrent seuls. On vint les chercher. Ils se retrouvèrent dans un grand château, où les attendait un homme – Pétro, l'homme chauve qu'ils avaient si souvent vu en vision. Pétro était le seigneur de ce monde, le Roi. Mais il était plus encore. Il était un Ante-Juge. Il leur expliqua que tout était écrit dans les lignes du Destin harmonique, qu'il le savait, mais qu'il ne pouvait pour autant pardonner Farus et les héros du meurtre universel commis, lui qui, tel Claire, avait tenté à plusieurs reprise de prendre contact avec eux et de leur envoyer des messages pour qu'ils ne présentassent pas les quatre oeufs devant l'autel. Les Ante-Juges sont des anciens Juges étant entrés en rebellion contre ExDeux, et tentant de modifier radicalement les lignes du destin, entreprenant de changer le cours de celui-ci, devant combattre tant la force irrésistible de l'Harmonie universelle qui tend à toujours ramener les choses vers leur résultat initial, que la puissance des Juges qui les poursuivent comme êtres dangereux et des déserteurs. En tant que chef des Ante-Juges, il avait pris très à coeur le fait d'empêcher la chute d'Andell, même s'il ne pouvait s'y rendre en personne. Devant cet échec, qui est aussi personnel, il prend les héros en appartée et leur demande s'ils jugent acceptable ce qu'ils viennent de commettre et les conséquences de leur naïveté. Se remettant en question, mais toujours indécis quant à prendre le parti de quelqu'un, ils restèrent du côté d'Esbald et de leur quête initiale. Pétro, qui connaissait visiblement Esbald, leur dit simplement d'être très prudent, car c'était un homme ayant ses propres projets et qui était loin, très loin d'être prévisible.
Quant à Farus, il devait continuer sur le chemin de son aventure à Ellens, et ainsi poursuivre sa quête pour combattre Granada, l'antagoniste de son propre scénario. Il repartit, tandis que les héros, eux, s'en allèrent pour un autre monde, gardant contact avec Pétro malgré tout.


Le monde de Final Fantasy: Tactics

Là-bas, les héros se retrouvèrent impliqués dans des querelles religieuses et territoriales, provoquant des guerres d'une intensité terrible, au sein d'une époque vaguement médiévale où la peste faisait rage. Ils firent la rencontre de Ramza, un jeune homme qui se battait contre l'influence de l'Eglise, laquelle le poursuivait et voulait l'amener devant le tribunal d'inquisition pour avoir découvert d'anciens manuscrits qui, selon lui, attestaient de ce que leur messie, Saint Ajorah, n'aurait été qu'un traitre et espion à la solde d'un empire, réveillant dans le processus un antique démon. Les héros ne savent pas trop s'ils ont affaire à un paranoïaque ou à quelqu'un de sensé. Il se dirige vers un château pour justement retrouver une personne qu'il avait promise de protéger, sa soeur, mais également une prétendante royale de son royaume d'origine.
Ce dernier possède un rival : Delita. Ce dernier, au contraire, sert le royaume dont Ramza est devenu déserteur, est devenu fidèle de l'Eglise, et, ambitieux, organise sa montée politique et militaire pour, éventuellement, devenir maître lui-même de ce royaume. Il explique aux héros que Ramza n'est qu'un paranoïaque, et qu'ils devraient plutôt lui faire confiance et aider à l'installation de l'Eglise. Il dit ceci de manière d'autant plus insistante que, devinant leur potentiel, il leur avoua qu'il était un Juge lui-même, mais qu'il ourdissait une rebellion contre le destin, lequel destin avait prédit la victoire de Ramza sur l'Eglise qui, à terme, serait affaiblie, et ce monde par conséquent mis en danger sur le long terme. Les héros acceptèrent de l'aider vraisemblablement, mais restèrent aux côtés de Ramza jusqu'à être sûrs de la bonne décision à prendre.

C'est à ses côtés qu'ils croisèrent pour la première fois un homme casqué étrange : non, pas Gafgarion, mais Grahf, une nuit de pleine lune, qui se tenait au sommet de la croix d'une Eglise, les regardant avec insistance. Grahf se déplaçait dans une immense armure noire, volant à son grès dans les airs, et prévenant les héros de faire une nouvelle erreur en se laissant devenir esclaves de leur destin. Il fallait qu'ils prissent leur liberté en main, qu'ils cessassent d'être des esclaves de l'Harmonie, du Dharma universelle, et qu'ils devinssent enfin dignes de leurs titres pour rejoindre la grande rebellion qui se préparait contre l'Archimède.
"Il faut que nous accomplissions notre destin. Et cela implique qu'il faut que nous détruisions, par conséquent, cette chose-même que nous nommons "destin". Nous allons tuer Dieu. Nous allons détruire Harmonie. Et nous allons anéantir l'Archimède."
"L'Archimède ? Il vit donc encore ?" pouvaient-ils s'étonner, questionnant Grahf.
"Oui, il vit encore. Il est devenu le maître secret de ce monde, s'étant enfermé dans sa retraite dimensionnelle, ignorant le monde autour de lui, mais le manipulant dans l'obscurité tel un dieu dévergondé ayant abandonné sa mission pour se donner à une quête immorale de savoir, nous utilisant comme le moyen passif d'enrichir ses connaissances. Il nous utilise comme des rats de laboratoire. Il nous manipule, comme des marionettes agitées dans l'ombre par un dieu malin. Je refuse d'être manipulé plus longtemps par un esprit malade. Je refuse d'accepter un destin si froid et si atroce, décidé à l'avance et entériné par un fou, et toute la cohorte de ses divins esclaves. Je me rebelle - nous nous rebellons - et nous-mêmes allons récupérer les fragments prismatiques restant, pour lancer un véhicule vers l'étoile où sied l'Archimède, et le tuer ce faisant ! Si nous ne pouvons pas l'atteindre, nous utiliserons ses propres restes, les objets mêmes qu'il utilise pour nous manipuler, pour le frapper et le détruire !"
Ils combattirent Grahf, mais sans succès – ce dernier était trop puissant.

Après coup, les héros furent laissés à eux-mêmes, devant décider de si, oui ou non, ils voulaient aider Ramza et accomplir le scénario, ou s'ils voulaient accepter ce que leur disait Delita, faire vaincre l'Eglise, mais en revanche détourner le cours normal du scénario divin. Il se trouve que Ramza lui-même avait un potentiel très fort, et était conscient des dangers de sa démarche, comprenant ce que leur disait les héros. Mais il souhaitait empêcher la résurrection du démon Ajorah, drappé sous les traits d'un dieu.
Les héros parvinrent jusqu'à un château pour ratrapper cette organisation dangereuse. Là-bas, ils durent combattre le terrible Wiegraf, un homme devenu fou cherchant sa vengeance sur Ramza. Le combat fut long et terrible – l'un des plus difficiles de l'entièreté du scénario. Wiegraf vaincu, les héros empêchèrent le chef de la secte de s'échapper, non sans ingéniosité, et, ce faisant, détournèrent le cours du destin.
Ramza était cependant toujours tiraillé entre tenter de libérer la princesse dite, désormais sous la tutelle de Delita, à qui il avait promis son aide, ou bien partir avec les héros pour tenter de comprendre ce qui lui avait été expliqué. Il décide de rester ici, mais demande aux héros de revenir le voir dès qu'ils auraient besoin de lui, et qu'il serait prêt à les aider.

Ils découvrirent enfin le laboratoire de l'Archimède de ce monde qui gisait, abandonné dans une nécropole, loin des regards. Là, ils trouvèrent en revanche une grande quantité de matière prismatique, qui les augmenta considérablement dans leur être et leur capacité d'exister, c'est-à-dire de lire et comprendre les lignes du destin. Les notes de l'Archimède ici étaient de nature pratiquement ésotériques. Il y parlait d'Alchimie, de méthode de composition de la matière prismatique, de ce qu'il pensait possible d'en réaliser un grand nombre encore. De nouveau, il mentionnait un temps promis où l'Archimède, injustement exilé devant les gens de ce monde dont il avait pourtant créé les fondements, reviendrait en sauveur de la tyrannie d'Harmonie. Il y mentionnait des noms étranges.: il parlait de "Clay", de "Balthazar", de "Philémore", autant de noms étranges qui revenaient sous sa plume comme des ennemis implacables qui auraient brimé son destin, tandis que "Philémore", lui, était tenu comme un héros ancien. C'était très étrange. Esbald lui-même fut très intrigué de la nature de ces informations.

Monde de Megaman X: Command Mission

Le dernier des mondes alternatifs que visitèrent les héros fut celui de Megaman X, durant l'épisode de Command Mission.
Dans cet épisode, ils devaient aider X, Zero, Axl et un quatrième personnage, mystérieux, Spider, à vaincre un groupe de rebelles dirigés par un certain Epsilon, qui avaient pris le contrôle d'une grande île, et qui, depuis ici, voulaient subvertir l'ensemble de ce monde en lançant une attaque sur le continent est.
Le groupe partit donc combattre ces dangereux rebelles. Sur le chemin, Spider mourut d'une attaque suicide par un des commandants du groupe révolutionnaire. Tous furent profondément marqués par une telle scène – d'autant plus que cela était écrit dans le destin, et que les héros ne purent l'empêcher, alors qu'ils l'avaient vu dans des visions prémonitoires, leurs pouvoirs s'en allant grandissant sur les lignes du destin.
Ils défièrent enfin Epsilon, qui leur expliqua qu'il était en réalité lui-même un Ante-Juge, et qu'il entrait en rebellion contre le destin et le monde présent. S'ils le tuaient, ils accomplissaient le destin de ce monde et laissaient donc l'Harmonie se poursuivre, amenant, leur prédisait-il, à des malheurs toujours plus grand et à une impossibilité ontologique de jamais changer le cours des choses, ainsi confirmés dans leur permanence parfaite. Les héros sont donc divisés entre deux : vaincre le terrible Epsilon, rebelle sanguinaire et ennemi de leurs alliés, ayant tué l'un d'entre eux, ou le soutenir et prendre son côté dans une formidable rebellion contre les autres Juges. Mais leur mission n'était-elle pas l'Archimède ? Tout cela devient compliqué.
Mais si eux ne faisaient rien, X et les autres allaient le faire sans eux, qui commençaient à attaquer Epsilon. Ils devaient choisir : tuer X et les autres, ou les aider à tuer Epsilon. Qu'ils les aidassent ou non au reste, la mort de Epsilon était certaine du moment où ils décidaient de ne pas tuer les héros de ce monde, manipulés par un esprit supérieur. Passifs, ils laissèrent Epsilon périr, incapables d'agir, tétanisés devant l'ampleur de la décision.

Ensuite, ils repartirent pour la base des Chasseurs de Mavericks, où les attendait Redips, leur commandant. Mais soudain, Redips les trahit, les attaqua par surprise, et tenta de les éliminer en les faisant passer pour des terroristes. Cela aussi, les lignes du destin le leur avait montré. Ils le savaient. X, Zero et Axl partirent pour combattre Redips. Les héros, eux, prirent un autre sens.
En effet, ils prirent connaissance du fait que Redips était lui-même un Ante-Juge qui voulait prendre le pouvoir pour lui-même. Il envisageait de vaincre X, Zero et Axl en utilisant le pouvoir de la matière prismatique qu'il avait découverte et accaparée pour lui seul, pour changer le destin et ainsi devenir le maître de ce monde, avant d'en conquérir d'autres. Le pire était arrivé : un Juge était devenu fou mégalomane.
Ils savaient déjà que Redips était en réalité Spider, Redips ayant pris la forme d'un reploïd dont il avait récupéré les données pour se faire passer pour un autre, étant un Reploïd possédant une Puce de Copie d'une ancienne génération avenante dont on avait arrêté la production du fait du danger qu'ils présentaient, et, se faisant passer pour Spider, il avait manipulé les héros pour accomplir son projet de domination. Or, les héros eurent une question de bon sens : si il a copié Spider, cela ne veut-il pas dire que Spider a vraiment existé ?
Ils partirent dans un vieil entrepôt pour retrouver le Spider originel. Ce dernier était un ancien Juge lui-même, qui avait quitté ses fonctions, et était entré dans l'anonymat pour s'éviter tout problème tant avec le très-haut, que dans ce monde ci-présent où la moindre interférance destinale aurait pu lui faire subir le contrecoup des chaînes harmoniques, parfois violentes contre les intrus. Il fut surpris de découvrir des gens à sa recherche, qui fussent eux-mêmes des juges. Ils lui expliquèrent la situation. Spider accepta d'aider le groupe à vaincre son double, et ils partirent vers la base des Chasseurs de Mavericks pour aider et sauver X et les autres avant qu'ils ne fussent anéanti par Redips prismatiquement augmenté, aux côtés, d'ailleurs, de Grahf.
Les héros arrivèrent, et vainquirent Redips, alors que Grahf s'éclipsa devant cet échec.
Ils sont devant un double paradoxe : si le destin de ce monde a bien été accompli, le fait que Spider soit encore vivant et se soit révélé n'était pas écrit, lui qui aurait déjà dû mourir il y a peu de temps avant le coup d'état de Redips. Cette interférence dans les lignes de l'Harmonie faisait que Spider restait un allié potentiel dans ce monde-ci, au cas où ils auraient besoin d'aide à l'avenir.

Ils retrouvèrent le laboratoire de l'Archimède dans ce monde, qui avait été pillé par Redips, et eurent de nouvelles révélations.
Le temps de la Révélation promise par l'Archimède deqvait arriver au temps X où, alors existerait suffisament de consciences "éveillées" dans les différents mondes pour préparer un grand mouvement de prise de conscience et de rebellion contre l'ordre harmonique, ils se réuniraient et l'appeleraient pour les sauver du drame harmonique. Il disait qu'il était poursuivi, qu'il allait sans doute bientôt échoué, mais que son oeuvre demeurerait, ses cristaux ne seraient jamais touchés car demeurant dispersés dans le monde, et que celui qui les retrouverait pourrait de la sorte accomplir son projet d'émancipation de l'humanité, de même que celui qui pourrait lire les lignes de la méthode de fabrication de ces matériaux alchimiques étranges. Les héros furent intrigués. Esbald néanmoins affirma que, si le temps promis était celui où l'on retrouverait grand nombre de ses cristaux, alors il se serait singulièrement trompé, considérant que les Ante-Juges en rebellion préparaient une fusée pour détruire l'Archimède sur l'étoile où il demeurait. Il fallait par conséquent désormais aller voir sur cette étoile. Ils construisirent un véhicule avec les morcaux prismatiques, et partirent pour l'Etoile de l'Archimède, ou étoile des souvenirs.

L'Etoile de l'Archimède

Ils aboutirent dans une immense bibliothèque flottant au sommet de l'espace. Quand ils arrivèrent, ils surent que les Ante-Juges étaient déjà là, et que les Juges eux-mêmes s'étaient dépêchés de venir pour les empêcher d'accomplir leur oeuvre malade.
C'est là qu'ils rencontrèrent le chef des Ante-Juges : Richter. Richter voulait tuer ExDeus, et construire une nouvelle ligue de Juges dont le principe serait de non plus préserver le monde selon les lignes destinales, mais favoriser les Hommes et leur liberté, et ne pas hésiter à tourner le destin dès que sa suite serait dangereuse pour la vie du plus grand monde, une sorte de conseil humaniste en somme qui met l'Harmonie préétablie en seconde place des priorités. Ils veulent tuer l'Archimède, car ils considèrent que son retour mettrait en péril ce monde gravement. Il leur demande de cesser de suivre Esbald, dont les plans sont confus, même s'il les a sauvés, et de les rejoindre. Les héros veulent d'abord voir l'Archimède d'eux mêmes.
La bataille est générale entre les juges (Sigma, Claire, Ocelot (de Metal Gear Solid, et qu'ils avaient déjà croisé dans le monde de Megaman, dans une base en zone glacée)) et les Ante-Juges (Richter, Pétro, Delita). Après de longues luttes, ils arrivèrent enfin au coeur du monde Archimédique, ayant successivement dû combattre différents Juges et Ante-Juges, parfois dans des mêlées générales, se surprenant eux-mêmes d'être devenus si forts et si puissants sur les lignes du destin.

Vint enfin le moment où ils croisèrent l'Archimède, au coeur du monde, dans le Janus originel. La surprise allait être de taille.

Ils sont accueillis par un vieil homme émincé, portant un gilet et une veste rouge sombre, rongé par l'âge, d'une aura surprenante, semblant doté d'une érudition sans pareil. Il observa longuement les protagonistes. "Bien. Je suppose que vous êtes venu m'assassiner. Mon nom est Esbald."
Je quoi.
Les héros ne comprirent plus rien. Certes, les noms ressemblaient, mais il n'était pas l'Archimède ?
"Non, non, je ne suis pas l'Archimède. Je ne vois pas qui a bien pu vous raconter ça. Je suis Archibald, gardien des savoirs de l'ancien monde. Vous devez savoir qu'il y a longtemps, le monde dont vous croyez provenir a été détruit."
Surprise générale.
"Oui, vous ne le savez pas ? Il n'y a non pas deux mondes, mais un seul monde. Le monde créé par l'Archimède, le monde où vous vous battez, où vous croyez vivre et respirer, le monde artificiel de l'Archimède, est en réalité le dernier monde restant après la destruction totale de l'univers originel suite à un cataclysme provoqué par la dernière incarnation dharmique du Destin. Et la fin de ce Destin, c'était la fin de cet univers. Hors, ne pouvant accepter cela, l'Archimède et d'autres personnes, dont moi, préparèrent la survie de l'esprit humain à travers un univers parallèle qui existerait par procuration, reformant et restructurant les souvenirs émanant de l'ancien univers détruit dans des entités constituées, qui reproduiraient indéfiniment les scénarios de l'ancien monde."
Attendez. Et leur vie ? Et ce qu'ils étaient avant de mourir ?"
"Mais mon dieu, vous ne pouvez pas êtres morts ! Je vais vous dire une chose qui risque de vous faire un choc quand vous l'aurez apprise, mais tant pis : vous n'existez pas. Vous êtes des entités intermédiaire d'existence que l'on nomme les réminisces. Un réminisce est un être entre l'existence concrête et l'esprit réminiscencial, autrement dit un vague souvenir. Votre créateur - celui qui se fait passer pour moi, d'après vous ? - vous a créés à partir de souvenirs qu'il a retrouvés vacant dans l'espace reminiscenciel, et, les réunissant, il leur a donné une enveloppe corporelle à travers sans doute de la matière et un peu de prisme. Vous êtes des sortes de poupées animées par un esprit artificiel, dont l'essence réside dans des réminiscences, des souvenirs, couplés à votre esprit, et dont on vous a donné l'illusion à votre naissance qu'ils étaient vôtres, tandis qu'ils vous avaient été inculqués par une force extérieure."
C'était du délire complet. Et "Esbald" de continuer :
"Moi, je garde ce monde des influences extérieures qui lui veulent du mal. J'ai en dépôt les connaissances de l'ancien monde. Je suis, dans ma fonction, le grand archiveur de cet univers. Et pourquoi voulez-vous me tuer, sinon car je représente un équilibre que vous voulez briser ? Tant que je suis là, l'Harmonie demeurera parfaite, scellée dans des immanences universelles dont on ne peut avoir l'idée. Que je fusse occis, et cette douce permanence disparaît ; l'Harmonie sera libérée dans son individualité, et la possibilité de la détruire, pour ceux le souhaitant, sera rendue possible. Les mondes cachés, de l'existence desquels nul ne devrait être au courant, réapparaîtraient. Et c'est cela, n'est-ce pas, que l'Archimède voulait, lui qui ourdit son plan des millénaires durant, dans son long, très long exil, pour détruire ce monde qu'il détestait pour l'avoir vu devenir si différent de ce qu'il eût voulu qu'il devînt ! Il a créé ce monde avec nous, mais lui voulait qu'il soit dirigé par l'anarchie – nous, nous voulions l'ordre, la permanence, et surtout, surtout, l'assurance que ce monde fût préservé à jamais, dans sa continuité, qu'il ne risquât pas de disparaître ! ExDeo, l'Harmonie et moi-même sommes les trois piliers fondamentaux de ce système bien rôdé dont l'essence est de s'assurer que cet univers ne disparaisse jamais, ce qui serait synonyme de total anéantissement de tout esprit, de toute pensée structurée dans le vide le plus parfait. Or, cela, nous ne l'acceptons pas. Et nous refusons de courir le risque d'aventuriers comme l'Archimède, aussi brillant qu'ils fussent."
... l'Archimède ? Aventurier ? Un long exil de plusieurs millénaires ?
"Bon sang, vous n'avez toujours pas compris ? Seul l'Archimède connaissait suffisament la matière prismatique, manière de capter l'essence des esprits reminiscenciaux, pour pouvoir en produire suffisament afin de crée autant de personnes artificielles à son service ! Seul l'Archimède, pouvait connaître avec une telle précision l'emplacement de tous ses anciens laboratoires, même en vous laissant dans le vague ! Et par dessus-tout, mais ça vous ne pouviez peut-être pas le savoir, seul l'Archimède pouvait avoir un tel intérêt à me supprimer, à briser l'ordre de ce monde, et au reste, ce faisant, à se libérer de sa prison d'éternité dans laquelle nous l'avons enfermé ! Vous n'avez toujours pas compris ? Vous avez poursuivi une chimère tout ce temps. Le soi-disant Professeur T. "Esbald" était l'Archimède que vous cherchiez depuis tout ce temps. Son vrai nom est Tiktal."

Silence.

Analyse de la situation.

Si le "Professeur Esbald" a toujous été l'Archimède depuis le départ, ça veut dire qu'il était également celui-là même qui leur a raconté tant de mots éloquents et emplis d'admiration pour ce même Archimède, alors qu'il parlait de lui-même. C'était celui qui leur a donné de faux souvenirs, les a créés, et les a envoyés dans le monde en leur donnant la persuasion qu'ils étaient des fantômes post-mortem, alors qu'ils n'étaient que des poupées qu'il venait de fabriquer, inventant leur univers réel. Ca veut aussi dire qu'il était bloqué dans cette prison qu'était en réalité la tour de la Destination Finale et que, comme il le leur avait fait remarqué, il transposait, imposait sa réalité supérieure sur la leur – c'est-à-dire que toutes les étoiles, toutes les planètes, toutes les images, qu'ils virent graviter autour d'eux, n'étaient que des images produites par Esbald dans leur esprit, par la force de son Être sur le leur, et de même que la destruction d'Azeroth ou l'anéantissement d'Hero Ike, une suite d'éléments grandiloquants qui n'étaient tous qu'une immense mise en scène n'étant que du toc depuis le départ. Un type qui détruit des planètes qui n'existent pas, en somme. Et ils y ont tous crus. En fait, il ne pouvait rien faire. Enfin, jusqu'à maintenant.
De même que tous ce qu'ils lurent jusqu'ici, tous les papiers laissés par l'Archimède jusqu'à aujourd'hui, étaient son oeuvre. Or, ces mêmes messages recelaient d'informations qui les avaient instruits de ce qu'ils avaient vus et sus jusqu'ici. Sur la structure de ce monde. Sur l'origine et l'usage de la matière prismatique, comme vecteur d'émancipation. Sur le recommencement éventuel du monde en utilisant la matière prismatique. Tout ceci commençait à faire sens. En fait, Tiktal les avait instruits de son antique savoir en les envoyant là où il savait qu'il avait laissé des informations et des éléments constructifs, et les a laissés ramener les artefacts et les documents. Ils étaient maintenant fin prêts. Mais voulaient-ils vraiment tuer Archibald et faire s'effondrer l'Harmonie préétablie ?
En fait, la question était dans d'autres termes. Voulaient-ils vraiment permettre que d'autres vies factices semblables aux leurs continuent d'exister ? Voulaient-ils laisser ce monde en état, accepter l'Harmonie, le destin, les destructions d'Andell, la mort d'Epsilon et de Spider, la prise de pouvoir de Delita, comme autant de fatalités ?
Dans un vaste mouvement de révolte et de solidarité, les membres, s'ils n'avaient pas Esbald / L'Archimède dans leurs coeurs, se lancèrent alors sur le vrai Esbald pour l'anéantir et briser l'ordre du monde, le Dharma universel qui régit l'ordre de l'univers.

Lorsqu'ils eurent terminé leur oeuvre, Esbald leur souffla un dernier mot : maintenant qu'il allait mourir, ce monde perdrait l'organisation de ses souvenirs. Les Réminiscences seraient libérées, déchaînées. Ce monde perdrait sa cohérence. Les mondes cachés seraient révélés, et le chaos s'en suivrait dans chaque monde individuel. Et ils auraient la responsabilité d'avoir brisé l'Ordre universel qui avait précisément empêché l'univers de tourner ainsi. Ils en tiendront la responsabilité.
Esbald donna son dernier souffle. Le monde de l'Archimède pâlit, perdit ses couleurs, puis disparut dans un cortèges de souvenirs torses et d'images distordues.
Bientôt, les héros se retrouvèrent seuls, avec les Juges et les Ante-Juges autours d'eux, et l'immense espace qui se prolongeait autours d'eux, alors que des êtres réminiscenciels virevoltaient autours d'eux.

"Bravo."
... pardon ?

FIN DU CHAPITRE 1 (Le plus complet, les deux autres sont plus cours)


Dernière édition par Le Savoir Prismatique le Lun 21 Juil - 22:49, édité 5 fois
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Re: Le codex d'Harmonie

Message  Le Savoir Prismatique le Mar 15 Juil - 17:49

CHAPITRE 2

Ce rire, c'était Ocelot, qu'ils avaient déjà croisé dans le monde de Spi eder, et qui était un être étrangement informé sur les tenants et les aboutissants. Ce dernier avait déjà tenté de les prévenir du double-jeu des Juges et de ce qu'il se tramait. Mais maintenant, la coupe était consommée.
"Ah, si vous saviez ! Tout se passe exactement comme nous l'avions prévu. Je suis fier de vous, mes amis."
Pardon ?!


"Vous n'aviez pas encore senti en vous ? Vous qui êtes tous pour la plupart des réminiscences, des âmes recommencées, des réincarnations d'êtres ayant vécu voilà longtemps cet événement primordial qui nous a mené ici... oui, vous le sentez en vous, vous le savez. L'origine de notre présence ici. Tout ce que vous avez vécu..."
Il se tourne vers les Juges.
"La plupart d'entre vous, Juges, êtes ici car Tiktal, après vous avoir fabriqués et rameutés à lui, vous donna la liberté, et vous préférâtes prendre le côté des puissants, celui des Juges, celui d'ExDeus, plutôt que de risquer de vous faire stupidement supprimer. Il se trouve que vous étiez plus opportunistes que les nouveaux ici présents, qui eux ont le mérite d'avoir mené l'oeuvre jusqu'au bout... en fait, vous êtes en cela aucunement différent de la Brigade Utopie, qui était constituée en grande partie d'anciens acolytes formés par Philémore, qui rejoignirent son frère après qu'ils eurent compris la réalité de ses plans."
Le silence. Ils n'étaient pas sûrs de comprendre. Certains d'entre eux avaient de vagues réminiscences, de vagues souvenirs, des images provenant du plus profond d'eux même – ou plutôt, qui arrivaient au-delà même de leurs avatars...
"Oui, je parle à celui derrière ce petit avatar de souvenirs mesquins, je parle à l'âme vivante qui détient encore en elle des fragments de l'existence, de l'être passé. Nous étions tous alors au service d'un employeur formidable : Philémore Fergesson. C'était le combat pour la Quintessence."
Il fit un vaste regard panoramique, supérieur.
"Cette brigade de Juges en délire... cette rebellion... les cristaux prismatiques fantoche... l'employeur qui détruit Hero Ike... tout ceci, tout ceci... n'est qu'une vaste reprise organisée de l'événement fondateur qui prééxista à notre combat, la lutte originelle pour la Quintessence, menée par Philémore Fergesson, le libérateur de l'Humanité !"
Tout le monde fut interdit. Tout ceci n'était qu'une vaste... répétition ?
"Oui, une répétition. En accord avec la Mémoire, le système réminiscencial universel, qui tend à faire répéter une infinité de fois les mêmes scénarios que ceux connus au sein de l'ancien. Mais voici enfin que le scénario de libération s'accomplit – le contexte d'autodestruction première, dans lequel nous allons pouvoir prendre notre revanche sur l'ancien monde harmonique, et nous émanciper."
Sa voix avait étrangement changée. Il n'était plus Ocelot. Il était comme "possédé". Il regarda alors ses collègues Juges.
"N'oubliez pas que je vous ai créés. Cela a été si facile pour moi, de me donner l'image corporelle et l'identité automatisée d'un être que vous pensiez connaître et dont vous croyiez pouvoir retracer l'histoire, pour mieux m'infiltrer parmis vous et, au-delà même, pénétrer parmi les Juges et préparer cette rebellion qui devait miner l'influence de mon frère, pour provoquer cette chute finale ! Tout s'est si bien passé ! Première, seconde génération de Réminiscences – vous avez tous fait un travail admirable pour moi ! Ah ! Esbald n'avait encore rien vu ! Je n'ai pas assez menti de mon nom, mais aussi de mon apparence. En vérité, si mon corps, mon être originel, demeure dans la tour, ébêté, mon être réminiscencial, la somme de mes souvenirs accumulés sur les millénaires, est ici, c'est moi ! Je vis en Ocelot au travers de l'oeil de Destruction – l'un des deux yeux divins que j'eusse hérité de la chute originelle de ce monde. Et cela, tandis que mon être réel, lui, attend patiemment dans la Destination Finale, tandis que le plan s'accompli. Chers amis ! La victoire est nôtre. Moi, Tiktal Dengard, vous l'annonce : je vais enfin, à travers Ocelot, devenir Philémore Fergesson, et accomplir le rêve de l'humanité !"
Sur ces mots, il s'élança avec certains autres juges. Tous restèrent interdits.


La suite, nous allons la résumer brièvement.
Certains Juges et Ante-Juges comprirent qu'ils furent dupés par Tiktal, esprit supérieur, mais ils n'entendaient toujours pas exactement ce qu'il escomptait réellement faire. Cependant, l'anarchie tomba rapidement sur cet univers, ainsi qu'Esbald l'avait dit. Les Réminisces, c'est-à-dire les êtres faits de souvenirs, sortes de clones réminiscenciels d'êtres originels qui, la plupart du temps, n'existaient plus en dehors du substrat des souvenirs qui existaient dans l'inconscient collectif, commencèrent à peupler ce monde. Les héros étaient eux-mêmes des Réminisces, et existaient par conséquent hors de l'Harmonie universelle, l'ordre destinal et dharmique universel. Ils commencèrent à devoir les fréquenter, les comprendre. La plupart se pensaient maudits d'être nés – à l'instar des héros, naissant sur une volonté particulière, sur un souhait fort d'une personne ou d'un ancien proche, demeurant l'étant des personnes décédées mais aucunement leur être, vaines apparences s'il en fait, ils étaient frappés de malheurs et se questionnaient, à l'instar des héros, sur qui ils étaient et le sens de leur existence. Ils commencèrent à peupler tout l'univers.

Devant cette situation, un comité extraordinaire se contruisit autours de Pétro, Spider et Ramza, et d'anciens Juges qui les rejoignirent : ce dernier avait pour but de stabiliser la situation, reconnaître les Réminisces, les aider ou les détruire selon leur nature, et rendre son équilibre à ce monde. En revanche, une autre partie des Juges en rébellion ouverte, dirigés par Sigma, commencèrent à profiter du chaos pour tenter de conquérir cet univers, tandis qu'ExDeus, enfermé dans la dimension harmonique parfaite, supérieure, ne pouvait descendre pour les punir, et pouvait uniquement déplorer que ses propres serviteurs se départissent de la sorte dans le déshonneur et la trahison de leur mission.

Mais la question demeurait : que voulait dire Tiktal Ocelot lorsqu'il parla de "devenir Philémore" ? Qui était en vérité Philémore ?
Là-dessus, ils furent guidés par une aide innatendue : Léon Vogüé.
Il est peut-être temps d'expliquer qui est Léon Vogüé.
Léon Vogüé est un des fondateurs de cet univers. A l'instar d'Esbald, de Tiktal, d'ExDeus (Nintka de son vrai nom), il était là aux fondements de cet univers. Son vrai nom était Clay. Il faisait partie du groupe originel ayant participé à l'anéantissement du monde primordial, de sorte à organiser son remplacement par celui-ci. Quand Tiktal s'opposa au nouvel ordre du monde fondé par ses confrères, Vogüé resta neutre, ayant de la sympathie pour chaque côté. Frappé par la violence des combats, il partit en exil, et demeura ici, passif, des siècles durant. La vraie Croisée des Chemins n'est en réalité pas celle-ci. C'est une ville qui existe par-delà la mer dans laquelle ils avaient pénétré pour se déplacer de monde en monde. Et il allait les mener là-bas.
Une fois à la Croisée des Chemins, sorte de ville inter-monde où des êtres de plusieurs mondes ayant été éveillés et extraits de leurs mondes pour diverses raisons vivent, comprenant de nombreux réminisces, il les amena à la porte vers le monde oublié qu'il voulait leur montrer. "Ce monde est le monde oublié au sein duquel tout a commencé. Il a été figé dans le temps et l'espace, et il y demeure l'artefact primordial à l'origine de notre monde et de cette guerre : la Quintessence. Je vous demande d'y être très prudent."

Les héros alors pénétrèrent.

PARIS
Paris, figé dans l'espace et le temps, depuis des millénaires. Plus une seule âme qui y vécût. Nul homme, nul animal, nul être de quelque existence. A peine quelques vagues réminiscences, des images flottantes et vaguantes sur les frontières effacées d'un monde terne et abandonné. A travers le defilé de petites rues étroites au détour desquelles les héros se faufilaient dans le centre ville, ils ne pouvaient qu'admirer la désolation d'un empire jadis resplandissant. Enfin, ils arrivèrent dans une chapelle abandonnée – le réfectoire des Cordeliers. Là, ils pénétrèrent.
Ils y furent accueillis alors par un homme grand et vieux, frappé par le temps quoiqu'il préservât une certaine vigueur, le teint assombri par les âges, les cheveux blanchissant avec quelques teintes faiblissantes d'un noir vivant maintenant lointain. Il s'agissait de Balthazar Fergesson.
"Bonjour. Vous n'êtes pas des hommes. Vous êtes des Souvenirs... des Réminiscences. Qui êtes-vous ? Comment êtes-vous arrivés ici ?"
Les héros durent alors expliquer qui ils étaient, et ce qu'ils étaient venus faire ici.
"Je vois. Moi-même suis Balthazar Fergesson, frère de Philémore, le destructeur de l'Ancien Monde, et un des fondateurs de ce monde. J'ai ressenti en mon âme et ma chair que, récemment, l'un des fondateurs – Archibald Esbald – avait été assassiné, entraînant la libération de ce monde de la chaîne isolante dans laquelle il avait été placé. Ce faisant, j'ai commencé à sentir à nouveau le monde qui m'entourait, et j'ai senti votre venue. Je ne me réjouis pas de la situation, mais après tout... peut-être n'est-ce pas plus mal que tout ceci arrive enfin."
Il s'assit. Il s'apprétait à leur offrir une longue explication.
"Bon. Je crois que si vous avez fait tout ce chemin, c'est car il vous faut sans doute savoir pourquoi vous êtes ici, n'est-ce pas ? Il est temps que je vous explique. A l'origine de ce monde, il y avait un homme : Philémore Fergesson, mon frère. Cet homme, qui, je dois bien l'avouer quoi qu'il fut mon ennemi, était formidable, cet homme, a provoqué la fin de l'univers primordial, car ce dernier était dirigé par un Dieu qu'il tenait pour tyrannique. Ce Dieu, que l'on appelait Magnus, dirigeait le monde par une main parfaite. Lorsqu'enfin Philémore parvint à faire tuer Magnus, il le fit par l'entremise d'une jeune fille, qui est à l'origine de notre présence ici : Marylin."
Un long silence se posa. Tous connaissaient ce nom, sans trop savoir pourquoi.
"Ce qu'il faut que vous sachiez, c'est que nous étions à peine six à l'origine de ce monde – les âmes proches de Marylin au moment où elle tua Magnus, et qu'elle voulut préserver au moment fatidique où, son âme ne se résolvant guère à anéantir proprement et entièrement le monde comme Philémore le souhaitait, elle procéda à un transfert spirituel de Magnus à elle, et devint, en une certaine sorte, un équivalent de Magnus, mais dans un univers parallèle. L'ancien monde ne s'était point relancé, et demeura au néant, contrairement à ce que croyait Philémore, preuve au reste de l'absurdité de son plan. L'esprit a poursuivi son oeuvre uniquement car Marylin a sauvé les souvenirs de ces mondes dans un univers parallèle."
Il poursuivit.
"Nous étions donc six : Marylin, Tiktal et Nintka Dengard, Clay Colton, que vous connûtes sous le nom de Léon Vogüé, Archibald Esbald, et moi-même. Nous nous opposâmes dès le départ sur la nature du monde à recréer. Philémore ne fut point des survivants car je l'eus tué peu avant la création de ce monde, et Marylin le détestait trop pour qu'elle souhaitât raviver ses souvenirs. Mais un homme souhaitait ardemment poursuivre son oeuvre : c'était Tiktal. En revanche, un autre courant, dirigé par Marylin elle-même, souhaitait rétablir l'ordre et crée un univers stable, ne plus tenter aucune aventure, aucune création, simplement se contenter de crée un ordre du monde qui permît de préserver cet univers dans la durée, indéfiniment. Alors, après que nous eûmes vaincu Tiktal et enfermé ce dernier dans la tour de la Destination Finale, nous créâmes l'odre destinal absolu : l'Harmonie. En vérité, Harmonie est un nom de substitution pour "Marylin", qui a disparu de son être physique et personnel pour devenir le substrat de l'être collectif de ce monde en tant qu'elle réalise, en perfection, la chaîne des événements et des êtres dans la concrétion du Destin, du Fatum parfait de ce monde. Elle assure la continuité parfaite de ce monde. Pour que le système fût performant, Nintka s'engagea a le modérer en s'organisant comme une entité extérieure de surveillance du destin, seul être soustrait au destin, mais uniquement pour mieux maintenir celui-ci de ses éventuelles erreurs de par son aveuglement. Il devint ExDeus, le grand Juge, l'être surveillant ce monde. Enfin, parachevant ce système, on enferma tous les mondes dont l'existence même pouvaient raviver le souvenir, et par conséquent éventuellement les réminiscences, de l'ancien monde où tout avait commencé – dont cette ville, Paris. Les sceller et les condamner à l'oubli était le meilleurs moyen d'empêcher que l'aveugle Mémoire des souvenirs, dont Harmonie était porteuse, recommençât le scénario de l'ancien monde dans ses cycles. Et moi-même ai choisi de me faire sceller avec ce monde pour ne pas être victime malgré moi d'un excès de confiance ou de nostalgie."
Il posa un silence.
"Les siècles ont passé. Et nous voici ici, à discuter de tout ce qui fut naguère accompli. Le système du monde s'est effondré. Esbald, qui avait à charge la surveillance des souvenirs et le maintien des sceaux sur ces mondes, a péri. Tiktal a pu tromper les lignes du destin, à l'aide de réminisces qui s'intégraient formellement dans l'ordre harmonique et semblaient faire illusion. Il a libéré les souvenirs, et ce faisant, ce monde. Son être second, en la forme d'Ocelot, qui a pour tache de libérer enfin son être premier, ce dernier, va venir dans ce monde aussi. Il me cherche. Pour une chose particulière."
Il sortit d'un coffre poussiéreux un morceau de cristal rougeâtre, dont l'éclat éblouit les protagonistes.
"Il s'agit de la Quintessence. L'artefact à l'origine de ce monde. Le maintien de tous les souvenirs de l'ancien monde. Les cristaux prismatiques sont des imitations alchimiques de cette pierre. Ocelot la veut, et ceci pour une raison très précise. Non pas car elle contiendrait une puissance particulière – la puissance, les cristaux prismatiques lui offrent déjà. Non. Il la veut car elle est le dernier artefact à contenir le souvenir de Philémore."
Un silence.
"Et par le souvenir de Philémore, il souhaite devenir son réminisce, donc devenir Philémore lui-même par imitation de son être formel, et le ressusciter ce-faisant. Il veut le faire car il admire Philémore. Il veut le faire car il pense que Philémore seul pour l'aider à anéantir cet univers faux qu'il déteste, pour accomplir, parfaite le plan originel de Philémore."
Et lequel était-ce ?
"Détruire ce monde et... relancer l'univers originel."

Après cette scène, les héros durent faire face aux troupes de Tiktal Ocelot qui tentait de récupérer la Quintessence. S'en suivi une course poursuite, dont ils crurent s'échapper, mais n'y parvinrent point. Ocelot put alors les rencontrer, et leur expliquer son plan : il souhaitait devenir Philémore pour récupérer la volonté la plus ferme et la plus parfaite seule à même de vraiment recommencer le monde. Il souhaitait anéantir ce monde-ci, faux, afin de ramener le monde vrai à la vie, le recommencer depuis le néant dans lequel ce dernier est figé, depuis cet instant fatidique. Il faut que la marche de l'univers reprenne son rythme.
Alors il prit la Quintessence et de Tiktal, Ocelot devint Philémore. "Je vous avais bien dit que je ne jouais pas dans la même catégorie."
Il s'enfuit alors pour un lieu inconnu, laissant les héros en plan.

La tour du destin / L'Etoile 0
Le seul lieu où aurait bien pu se diriger Philémore Ocelot, c'était la Tour originelle, le lieu où tout avait commencé, et où tout s'était terminé par la même occasion, là d'où tout était parti, cet endroit, d'où chaque chose s'originait... la tour du Créateur, la bâtisse de Magnus, le point d'intersection fatidique entre le monde de Janus, l'univers désormais harmonique et parfait, l'ordre dharmique incarné, et l'univers profane, présent. Les héros se dirigèrent donc vers la haute tour abandonnée depuis les fondements du monde, vagabondant au milieu du vide. Ils commencèrent à grimper les étages, côtoyant les terribles ombres réminiscenciales de l'univers disparu, du combat originel, de la lutte, de la guerre, pour la Quintessence, de Philémore, de son frère, des différents fondateurs. Ils les virent tous, virent leur oeuvre atroce en actes par les images qui leur revenait à chaque palier. Enfin, ils pénétrèrent le sommet de la tour.
Là-bas, ils virent Philémore Ocelot tentant d'ouvrir la brèche de l'Harmonique réalité, se battant contre Grahf, pilotant un robot géant (le Glass Breaker), ce dernier souhaitant récupérer la Quintessence pour devenir lui-même Philémore car, prétendait-il, il était l'authentique réminisce de Philémore. Les héros durent combattre Grahf, car Ocelot fut grièvement blessé.
Grahf alors leur révéla qu'il voulait la Quintessence pour détruire ce monde, car il pressentait qu'il ne pouvait laisser la tache à personne d'autres qu'à lui-même, tant même Philémore Ocelot lui apparaissait n'être qu'une fausse porte, un sosie imparfait, qui pouvait hésiter à l'instant fatidique, ramenant la situation au Statu Quo Ante, ce qu'il voulait à tout prix éviter. Se posant comme le vrai Philémore, l'esprit de Philémore continué, il les combattit. Une fois que les héros eurent vaincu Grahf, ils purent alors connaître sa vrai identité : il s'agissait de Farus. Farus, en réalité, suite à la destruction d'Andell, refusa ouvertement de poursuivre sa quête, de devenir un pion dans un destin qu'il récusait. Aidé par Sigma, il quitta son monde, puis commença à vaquer, seul avec sa haine. Puis il trouva la solution : devenir lui-même le légendaire Philémore dont il entendit parler par les Juges qui étaient venus le retrouver pour participer à la grande conspiration. Il récupéra lui-même des fragments de la Quintessence, retrouva le souvenir de Philémore, s'identifia à lui, et prit le surnom de Grahf pour masquer son identité, devenant une autre personne. Maintenant qu'il avait échoué dans sa quête unilatérale de destruction, lui que plus aucun espoir habitait, il convenait de l'achever. Ce que les héros firent.

Mais la porte de l'Harmonie était déjà ouverte. C'était trop tard. Le pouvoir de Tiktal, le vrai, pouvait s'émanciper des cordes du destin, qui étaient ébranlées. Un immense temple apparut là où gisait la tour de la Destination Finale. Il s'apprétait à détruire ce monde.

La Destination Finale

Un immense temple greco-romain faisait office d'ultime étape avant le combat final contre Tiktal, qui avait repris son vrai visage, ses habits verts extravagants, son regard sombre et sérieux, et surtout son nom. Il les attendait.
La question achoppe sur la destruction de ce monde : s'il accomplit le rêve de Philémore et détruit ce monde en balançant toute la matière prismatique dans le monde originel, impliquant un anéantissement immédiat de ce monde et la relance du monde originel par la force d'impulsion de la Quintessence et les souvenirs qu'elle charrie, si donc il faisait ça, qui pouvait assurer que l'univers qui se créerait ne serait pas aussi chaotique et soumis à l'arbitraire que l'actuel monde réminiscenciel ? C'est une aventure terrible, dont le point idéologique est le suivant : accomplir le projet de Philémore, relancer l'univers qui est demeuré au néant pendant des siècles sinon des millénaires, tandis qu'il attend d'être recommencé, en accord avec l'ordre du plan, et un retour à l'odre naturel des choses.
Les héros, qui étaient des réminisces, qui n'étaient point de vrais êtres humains, voulaient être reconnus comme tels, ne souhaitaient pas disparaître avec cet univers, même faux, eux qui étaient des entités artificielles dans un univers de dupe. Abritant quelques espoirs, ils espéraient réaliser une nouvelle utopie en intégrant les Réminisces et en restructurant ce monde-ci en modifiant Harmonie, sans trop savoir encore ce qu'ils feraient, grâce à leur existence extérieure et postérieure à l'Harmonie universelle. Tiktal leur dit que c'était peu possible, et au demeurant peu désirable : il valait mieux pour eux qu'ils ne creusent pas trop, et n'aillent pas à la rencontre de la "vraie" Harmonie.
Les héros décidèrent cependant de combattre Tiktal, et le vainquirent.
Il céda, mais leur avoua que, ceci accompli, l'Harmonie n'en demeurait pas moins libérée dans le monde, libérée des chaînes de Janus, libérée d'ExDeus, libérée d'Esbald, libérée de tout ce qui la contraignait... et son identité allait se réveiller. Et ils comprendraient.

Alors, apparut un ultime personnage dans la pièce.


Dernière édition par Le Savoir Prismatique le Sam 19 Juil - 10:23, édité 1 fois
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Re: Le codex d'Harmonie

Message  Le Savoir Prismatique le Sam 19 Juil - 7:35

CHAPITRE 3 – L'HARMONIE

La voix qui les interpellait, c'était Claire. Elle les regarda fixement.
"Maintenant, je vais enfin pouvoir redevenir moi-même... je vais enfin avoir le droit... d'exister... et après quoi, nous partirons... tous... très loin..."
D'immenses ailes multicolores, de matière prismatique, se dessinèrent derrière elle. Un immense trou noir apparut au-dessus de la Destination Finale, qui semblait être issue de Janus, de la dimension harmonique – tout semblait être emporté dans le trou noir, la vie s'y vidant comme dans un trou de vidange.
"Tout va disparaître, et Harmonie va pouvoir reprendre sa vraie forme... j'ai une telle hâte de pouvoir enfin rencontrer celle qui m'a crée, moi, la pauvre marionette que je suis. Si vous saviez !"
Claire commença à déblatérer des paroles totalement dénuées de sens. Elle semblait avoir perdu sa raison, son bon sens. Le trou noir grandissait. Les héros durent fuir.
"Le règne du destin absolu a commencé ! Nous mourrons tous – de même, nous sommes tous condamnés à vivre l'Harmonie avant de retourner au néant ! Un souverain assouvissement pour des existences incomplètes..."

Mais le trou noir était trop puissant. Tout y fut aspiré. Bientôt, les héros se retrouvèrent emportés dans un univers parallèle, la dimension harmonique. C'était un univers sans cohérence, que l'on eût pu seulement comparer à l'univers des rêves. Les salles n'étaient connectées entre elles par aucune logique. Les espaces naturels étaient étranges, le ciel tantôt jaune sur des plaines vertes, bleu marine sur des défilés de cristaux à perte de vue dans un désert gelé. Alos les héros passèrent d'oniries en oniries, rencontrant au passage une multitude de Réminisces, dans un monde qui semblait peuplé uniquement de Réminisces. Ils finirent par trouver enfin un homme qu'ils connaissent, dans un lieu qui leur était familier : Léon Vogüé.
"Ah, bonjour mes amis. Comment allez-vous ? C'est la fin du monde, alors assoyez-vous et profitez du spectacle."
Pardon ?
"Il est peut-être temps que vous compreniez deux ou trois choses, si la réminiscence ne l'a pas encore porté à votre connaissance. N'avez-vous jamais vu de visions issues d'un lointain passé, vous présentant une petite fille étrange dans des lieux quelque-peu baroques ? Certes, on peut toujours s'interroger quant à savoir si l'on a vraiment vu ou non la vision. Mais ce que vous devez savoir, c'est le sens de ces visions. En vérité, on y voyait la véritable forme de Harmonie, dans sa jeunesse, avant qu'elle ne détruisît le monde – Elise."
Attendez un instant. La vraie forme d'Harmonie n'est-elle pas Marylin ?
"Pas exactement. On a une confusion des storyboards ici. Mais pour être plus exhaustif, il nous faut expliquer que Marylin est celle qui a détruit le monde de Magnus. Ce que vous ne savez pas, est qu'entre-temps, il y a eu une infinité d'autres mondes détruits. Que ce soit avant, comme après Magnus. Marylin a cessé d'exister voilà fort longtemps comme entité active. L'Harmonie en tant que personne, n'est pas Marylin. Il s'agit d'Elise. Marylin a détruit un monde, certes, mais c'était pour le recréer. Elise, elle, a détruit le monde car elle ne pouvait simplement plus l'encadrer. C'est concrètement une psychopathe."
Mais qui est-elle ?
"Ca va être compliqué. Bon. Comprenez une chose qui va vous faire un choc quand vous l'aurez apprise, vous avez l'habitude maintenant c'est toujours la même rengaine : vous n'existez pas. Bon ça à la limite vous le savez maintenant. Mais en fait, vous n'existez doublement pas. Je m'explique. Cet univers onirique est né par un enchaînement de non-mondes oniriques fabriqués par des entités abstraites supérieures obéissant à la loi supérieure – Dharma – et assurant l'ordre et la pérennité du monde. Un jour, ce cycle de destruction et de réincarnation au sein d'un système destinal recommencé a amené la création de l'Harmonie, seule entité capable de combattre la vanité du monde. Mais Harmonie s'est elle-même autodétruite sous la forme de sa dernière incarnation, de son dernier avatar, qui était Elise. C'était il y a longtemps. Je ne saurai vous dire si c'était au cours du dernier monde, ou si c'était il y a une infinité de mondes de là. Ce que je peux vous dire, c'est qu'Elise étant réveillée et la vraie nature de l'Harmonie étant accomplie, ce monde va vers sa destructon."
... mais.
"Ah, et une dernière chose. C'est Claire. Vous savez, ne lui en voulez pas. Elle est simplement le Réminisce d'Elise. C'est pourquoi elle a tant de hargne. Elle n'existe pas, mais elle est le substrat des souvenirs d'une névrosée qui a détruit le monde. Vous savez, c'est pas facile à vivre. Bon, vous vous en doutez, remarquez. Je n'aimerais sans doute pas être la réincarnation de l'esprit du Dr. Folamour, dans le même style. Mais une chose est certaine : Claire vise la destruction totale de ce monde, sans recommencement, car elle est las de vivre, las de voir une personnalité semblable à la sienne et devant subir ses souffrances sans cesse recommencer, las du cycle, las de la marche continuée des réincarnations. Elle va donc mettre une jolie fin à ce monde. Et croyez-moi, on a pas fini de voir des choses. J'ai toujours des sièges chez moi, si vous voulez assister à la fin de l'existence dans cet univers depuis un lieu paisible."
Ayant posé les questions qui étaient les leurs, ils partirent, à la recherche de Claire.

C'était sans compter un nouveau personnage : Philémore Fergesson, venu vaincre Elise. Il s'agissait cette fois de son réminisce authentique, libéré dans la dimension harmonique où tous les souvenirs coexistes, là où il était freiné par l'ordre universel dans l'univers profane.
Ce dernier partit combattre Harmonie, c'est-à-dire Elise. Ils se confrontèrent dans un vaste désert onirique où des images incohérentes se côtoyaient. Philémore avait beau être Philémore, Elise était Perfection en tant qu'Harmonie dharmique, puissance destinale et universelle, pouvant lire naturellement et par essence dans les lignes complexes de l'existence, et dans l'ordonnancement de la matière et de l'esprit. Et après un combat qui dut durer une éternité, pendant lequel les héros cherchaient désespérément Claire d'oniries en oniries, Philémore fut vaincu par Elise. Le temps promis de la défaite de Dieu, si longtemps attendu par Philémore, la chance de voir l'univers libéré de son véritable tyran... venaît d'aboutir à un échec complet.
"Pourquoi veux-tu détruire chaque chose, Harmonie ?"
"Je ne détruis rien. Je recommence. Je recommence car c'est la seule chose que cet univers spirituel, par nature instable, connaît d'équilibré. C'est ma nature de le faire. J'ai perdu tout sentiment pour ce monde depuis une infinité de recommencements."
"Mais Claire, elle, veut l'anéantir. Et tu penses sincèrement que tu pourrais éternellement arrêter ton propre réminisce ?"
"Si l'univers doit être détruit, si cette femme non-existante doit devenir le nouveau catalyseur de mes anciennes pensées, de mes antiques émotions, et redevenir l'Humaine que je ne suis plus, cherchant à anéantir ce monde, alors l'ordre de l'univers sera respecté, la marche de l'Esprit ordonnée, je ne pourrai pas m'opposer à un ordre ontologique imposé par le divin."
"Mais tu es le divin !"
"Précisément."

Les héros finirent par retrouver Claire, mais cette dernière était déjà en train de ronger les mondes par sa seule existence, accumulant en elle la haine et les souffrances de tous les réminisces, la souffrance de ne pas exister, la nostalgie d'une entité, d'un Soi, que l'on a jamais été et qui a été inventé par l'Esprit, le chagrin de n'être au monde que comme relation, le déchirement de se savoir condamné à mourir pour un irréductible oubli, pour un néant parfait, dans l'ordre cosmologique harmonique universel. Si l'ordre du monde est au prix de la mort, alors elle l'anéantirait. Et les réminisces comme les hommes pleins de l'amertume de ce monde lui donneront le parfum de haine folle nécessaire pour mettre fin à cet univers absurde. L'absurde doit périr. Les vains recommencement, cesser. Il ne faut pas imaginer Sysiphe heureux. Il faut démolir la montagne, le ciel, les dieux, et tout ce qui va avec. Le vain est immoral, et ce qui est immoral est la nature. Alors que tout retourne à néant.

Après de longues poursuites et des scènes de délires, les héros notamment se retrouveront dans un immense colisée, où, membres du public, ils verront se battre des "gladiateurs de l'Humanité" : les représentants de l'Être, c'est-à-dire de l'Harmonie et de l'univers, se battront contre des représentants du Non-Être, c'est-à-dire des réminisces oeuvrés par Claire et agissant dans le but d'anéantir toute chose. Une seule, simple, victoire d'un Non-Être impliquerait l'anéantissement pafait et immédiat de toute vie, toute existence, toute pensée, dans ce colisée des âmes et dans l'univers. Et les spectateurs le savent bien, qui ne peuvent qu'observer passivement, soumis à l'ordre destinal absolu, spectateurs totaux et impuissants devant le délitement de chaque chose et la disparition immédiate qui à l'horizon pour eux se profile. De grâce, de grâce ! Qu'ils ne perdent point ! Ô beauté parfaite, ô Harmonie ! Les non-Êtres ont perdus ! Les combats furent tous gagnés par les Êtres à très peu de choses ! Qu'il est beau d'exister ! Pour combien de temps ?
Et puis vous n'êtes pas de vraies existences. Cessez de raconter des conneries !

Le combat final aura lieu dans la dimension harmonique supérieure, au lieu même où Philémore et Elise se combattirent. Mais c'est maintenant Claire qui se présente ici. Les derniers réminisces a avoir gardé un semblant d'humanité, instruits par Tiktal, refusent de voir la mort comme une fatalité, refusent d'accepter la vanité du monde comme un donné, refusent en deux mots de perdre espoir en l'humanité, humanité dont ils savent, pourtant, qu'ils ne feront jamais partis.
Une belle chose s'est produite : ils sont devenus des disciples de Tiktal, de leur propre créateur. Ce dernier leur a insuflé une chose, qui transpirait dans sa folie : l'Espoir. Tiktal était un homme porté par l'Espoir et par la Vie. Et il voulait recommencer l'univers non par haine de ce monde, mais par amour des hommes et par tristesse de voir un univers aussi étriqué être le seul continuateur de la belle oeuvre de l'Esprit. Or l'Esprit est. Il est toute chose pensée, toute chose née et issue de l'Homme en tant qu'entité abstraite pensante et agissante. Et ils sont aussi Hommes par ce fait. Ils sont une partie de Tiktal. Ils sont Tiktal, en vérité. Et ils vont accomplir son rêve : émanciper l'humanité en relançant l'univers. Il leur suffit pour ce faire de retrouver la "Quintessence" qui sied dans l'âme d'Elise, et de la lancer dans l'univers positif. Même Elise disparaîtra. Et même Elise ne peut rien faire, car ils ne sont pas de simples réminisces : ce sont des êtres positifs, qui ont combattu le destin et existent au-delà de simples étants. Ils sont devenus de véritables êtres humains !
Claire ne se laissa point décontenancer par ce discours.
"Cela fait des millénaires, non, des milliards de millénaires, que tout "être humain" a disparu. Et vous voici, vous prenant pour un fou – Tiktal – continuateurs d'un dessein dérisoire, prêts à disparaître et à se sacrifier pour ce faire. Vous vous prétendez être, les derniers des Hommes – mais l'êtes-vous vraiment ? Ne fantasmez-vous guère votre condition ? Les Hommes n'ont pas continué à exister par votre truchement – mais l'image seulement que l'on veut bien se faire, à plusieurs méta-univers de distance, de ce que put être, à proprement parler, les "Hommes". L'Harmonie préétablie existe. Ce monde recommencera, rien n'est plus indubitable. Le seul moyen de fuir ce cycle, est de détruire Harmonie – Harmonie que je tiens en moi, qui est en moi, que je peux détruire avec moi-même – et d'anéantir complètement cet univers, sans rien laisser qui ne fût le néant. Car la marche de l'Univers est la marche dialectique de l'Esprit recommencé – fuyez dans un autre univers, anéantissez l'Harmonie, banissez le naturel, et le voilà qui revient au galop ! Je crois que l'on ne peut fuir le vain et l'Absurde de ce monde, et qu'il faut briser le rocher."
"Et nous pensons qu'il n'en est pas ainsi, et qu'il demeure un espoir, et que notre sacrifice, le don de notre être sur l'autel de l'humanité, ne sera pas vain !"

"Notre amour à tous les deux est vrai, mais dans les deux sens, il s'est égaré en vanités du fait de l'immense infatuité du monde. Qu'il en soit ainsi. Deux visions fausses se battront pour une monde chimérique, au coeur d'un univers malin et trompeur. Allons-y. Ce sera peut-être le dernier combat que cet univers connaîtra."

Ils se battirent vaillamment, et vainquirent ultimement Claire après un long, très long combat.
Ils montèrent alors dans la dimension d'Être d'Elise, atteignant la pleine existence. Ils croyaient sentir Tiktal à leur côté, c'était étrange. Ils se retrouvèrent face à Elise. Elle ne répondait que par de vagues monosyllabes. Elle ne semblait pas opposée au destin spirituellement supérieur incarné par les protagonistes, venus mettre fin à son règne. Elle s'offrit à leur Supériorité d'Être manifestée par la réalisation de leur existence depuis qu'ils ont été créés par Tiktal, sans jamais perdre espoir, jusqu'à atteindre la Pleine Existence et revendiquer leur Humanité. Ils achevèrent Elise, qui resta faible et passive, brisèrent la Quintessence en elle, et l'univers disparut, pour être sans doute recommencé dans l'univers réel.

Nul ne sait ce qu'il est advenu de l'univers, s'il s'est recommencé du départ, ni si, réellement, l'Harmonie devait se recommencer, et un nouveau cycle se recréer, comme le pressentait Claire.

FIN
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Re: Le codex d'Harmonie

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