Le vrai Geddoe

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Le vrai Geddoe

Message  Gordon Blake le Lun 27 Sep - 5:00

 La fiévreuse taverne s'active toujours plus. Les chopes diverses s'entre-croisent dans un tumulte de verre s'entre-choquant. Constamment, le verre se cogne à d'autres verres, et la mélodie chaotique mais parfois étrangement douce de ce concert de défavorisés, s'accompagne d'un chahut non-négligeable qui aspire chaque voix, chaque parole, et la noie dans un ensemble plus grand; moins audible, mais plus forte quand s'entremêlant à la bien centaines d'autre voix enthousiasmées s'élevant à tour de rôle. Et le bruit continue. Et il continue. Encore. Et encore. Au durant d'un long, très long, moment... Qui n'en finis pas. Par ailleurs, il ne connaît pas de fin : Pour les habitants qui fréquentent la modeste taverne, sortir n'est pas une option : c'est une obligation. Un rapide regard pertinent permet de déterminer que chacun d'entre eux sont des gens défavorisés de la classe sociale, des gens ayant perdu leur travail, étant en difficultée, sans plus rien à faire... Ils se rassemblaient ici pour noyer leur chagrin dans la masse populaire, aux côtés de leur pairs et semblables, ils ne les connaissent pas pour la pluspart, ils ne les ont jamais vu en dehors d'un possible et éphémère fragile croisement dédaignable au coin d'une rue, mais dans le chaos, tous se sentent plus que jamais chez eux; une sorte de fraternitée retrouvée. Evidemment, Geddoe n'était aucunement exception. Il se tenait, dos au mur d'une petite salle en arrière du bar. Le mur auxquel il s'accoudait était celui qui donnait sur le bar, et malgrès sa massive construction de bois, le bruit désagréable du verre et des paroles s'entre-choquant dans un marasme incompréhensible lui parvenait inéxorablement aux oreilles, traversant même la batisse. Elle était puissante. Aussi puissante qu'ils étaient perdus. Geddoe aussi, était perdu. Mais lui, il y avait toujours préfféré le silence.

 — Alors donc, comme ça vous recherchez quelqu'un ?, dit le tavernier, se tenant debout et penché sur la table devant Geddoe, remplissant un petit verre d'un vin de bon crû. Geddoe et le tavernier s'étaient mis en écart dans une petite pièce en arrière, de là ils pouvaient y discuter tranquille, loins du chaos ambiant.

 Geddoe restait calme. Il ne réfléchissait pas particulièrement. Il n'envisageait pas non plus de répondre. Il se concentrait sur une chose vaine : Déchiffrer ce que signifiait les milliers de voix qu'il percevait, ou pensait percesoir, et qui s'étouffaient puis s'évaporaient de concert dans un ensemble imperceptible. Il cherchait à voir si il pouvait trouver une signifiance au travers d'une de ces voix, qu'il pouvait s'expliquer une réponse à travers une autre, en y déterminant une distance. Mais c'était impossible. Tout comme essayer de donner un sens à un de ces innomables bruits de verre se cognant au verre, était un acte vain. Mais il en avait cure. Dans son esprit, il avait essayé. Tout vallait le coup d'être essayé...

 — Vous en voulez ? C'est mon meilleurs !, dit le tavernier en offrant un autre petit verre à Geddoe, le posant sur la table basse. Il s'asseya et attendît Geddoe d'en faire de même.

 Le voyageur daigna finallement se tourner vers le tavernier, au détours d'un rapide frugal regard au travers de la vitre, d'où il pouvait percevoir la tâche épuisante dont les assistants et serveurs se targuaient. Mêlé au bruit qui court sur ses oreilles, il réalisait qu'il était finallement injuste de maintenir le tavernier plus longtemps. Bien évidemment, dans l'esprit de Geddoe, la courtoisie d'un bon vin autours d'une table était superflu. De même qu'il doutait que le vin soit "son meilleurs" en quelque-sorte que ce soit, et il ne buvait pas de vin. Mais il déçida de se taire et de s'assoir, entâmant son verre en silence. Après une gorgée maussade, car tout les goûts du monde ne pouvaient anîmé son coeur trop vieux, il se força un sourire en reposant son verre et s'addressa au tavernier :

 — Il est très bon.

 Une phrase simple. Forcée, certe, mais dans sa personnalitée laconique au naturel, il était de toute manière rare qu'un étranger puisse déterminer si il se forçait ou si il était honnête. Cela l'arrangeait dans bien des situations. Avant que le tavernier, qui s'étouffa d'un rire flatteur, n'entâme une description du vin et de sa provenance – ce qui n'intéréssait définitivement pas Geddoe – il s'entama sur la voix de poser sa question :

 — ... Oui, je recherche des gens. Je pense qu'ils devraient être par ici.
 — Avez-vous leur noms ? Si ce sont des membres réccurents, je pourrais...
 — Ce ne sera pas néscéssaire., sur ces mots, Geddoe se releva. Il fixa le tavernier étonné, toujours assis, et lui offrît un nouveau sourire, un peu moins forcé. Il savait que celui-ci serait déçu qu'il lui aurait fait perdre son temps ainsi. Il lui en voudrait peut-être. Ca n'a pas d'importance. "Désolé. Je doit accomplir mon devoir."

 Le tavernier resta au point fixe, assis sur sa chaise basse, Geddoe paraissait d'autant plus pour un géant. Ses pas feutrés et dénués d'émotion et de force, tout comme son être, se dirigèrent vers la porte. Le bruit de la masse, moins filtré par les fentes de la porte, commençait à s'intensifier. Sans retourner, il ajouta :

 — Avez-vous déja rencontré quelqu'un du nom de Geddoe ici ?... Si oui, j'aimerais que vous le rammeniez d'où il vient. Lui et moi, nous ne sommes pas les même... Dites-lui aussi... Que je suis désolé. Et ne vous en faites pas. Ce n'est pas de sa faute.

 Il ouvrit la porte, lentement, sans la moindre exitation. Le bruit de la foule se déferla sur lui comme une véritable tempête. Ce bruit, il le connaissait trop. Un vent de son chaotiques et indéchiffrables se jetta sur lui. Impénétrable, il s'avança à contre-courant et le brava. Quand il eut passé le pas de la porte, il la ferme viollament, en contraste avec le silence de son éxécution habituelle. Mais vraiment fortement. Un bruit extrêmement fort, percutant, coupant, qui fissura la vague de bruit difforme et imposa le silence en formant une scission dans le son de la populace. Il s'avanca, de quelques, pas, lents. Le bruit avait laissé place au silence, et aux chuchotements furtifs à leur voisins qu'ils ne connaissaient que de noms. Geddoe s'avanca. Son regard était maintenant déterminé, les traits de son visage, sévère.



 — Mon nom est Geddoe. Il prononça ces mots avec un tact et un calme parfait. Il ferma les yeux un moment, poussant à la méditation.

 Le silence le plus total et absolû .

 — J'ai il y a longtemps participé à la construction de ce pays. C'était il y a bien soixante ans. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi. Probablement pas. Ca n'a pas d'importance. Je ne vous fairais pas rigueur de la situation sociale de ce pays à ce jour...

 Malgrès l'éffervescence de questions et d'hésitations que pouvaient faire tomber cette proclamation, aucun bruit ne filtra. Quelques chuchotements étouffés, tout au plus. Il venait d'imposer le calme le plus clair et transparant.

 — Il y a quelques années, je me suis battû aux côtés d'un homme. Nous avions pour objectif, c'est à dire mission, de mener à bien la libération d'un monde asceptisé par ses propres règles. Nous nous sommes battû, côtes à côtes. Il était accompagné de d'autres hommes braves. Pourtant, ils ont continué. Il était fort, intègre, et perspicace. Les traits d'une sagesse rare. Ses compagnons, et moi-même, en contrepartie, n'étions pas digne de lui : La plusparts étaient immatûres, et ne restait une femme qui comme moi ne parlait pas beaucoups. Pourtant, cet homme n'a jamais abandonné. Lui, moi, et ses autres compagnons, nous avons poursuivit notre route. Même quand la mission que l'on nous avait donné fût un échec, nous avons poursuivit sur une nouvelle voix et avons complété les voeux de notre employeur, à notre façon. Il nous avait accepté. Il nous avait aidé. Tout était perdu, et plus personne ne voulait poursuivre cette voie. La première mission était un échec. Tout le monde était blessé, voir meurtris, de l'intérieur comme de l'extérieur. Nous étions subjugué par les évènements, tiraillé entre nous, et la mission. Mais nous y sommes arrivés. Grâce à lui. Grâce à sa détermination, et la notre. Et comme sommes-nous arrivé à faire cela ? Grâce à la cause ? Grâce au pouvoir qu'il nous avait été octrôyé, au-dessus du commun des mortels ? Ou bien, grâce à l'aide de d'autres personnes ? Non...


 Il releva la tête, ouvra les yeux d'un regard sévère et imprégné de puissance. Il leva le bras, le poing fermé, et s'écria :

 — C'était notre détermination ! C'était notre volontée ! Notre volontée de créer. Notre volontée de poursuivre notre voie, notre course... Notre dédication ! Nous nous préoccupions plus que n'importe qui ! Et nous avons continué ! En quoi sommes-nous quelquonquement différents ? Tout comme changer le cours d'une aventure est possible, tout comme poursuivre une mission, une voie, par une autre, par notre seule volontée, est possible, changer une sociétée est possible. Changer un monde, est une possibilitée. Tout le monde peux le faire. Tout le monde peux s'unir. Que ce soit pour un pays, pour un état social, ou bien pour une cause et une voie. Nous sommes tous pareils. Ne pouvons-nous donc pas nous unir pour protéger les choses que nous chérissons ? Ne pouvons-nous pas devenir nos propre promulgueurs et proclamer notre héritage de création ? Devenir l'essence même de nos idées et de nos passions, ensemble, quel que soit le but, quel que soit la cause, simplement Unis ?! REVEILLEZ-VOUS !

 Son cri sévère, non pas imprégné de rage ou de hargne, mais étranglé d'une sévéritée ne souhaitant qu'à faire réagir avec violence la psyché générale. Tout le monde fût ébranlé par ces mots si simples, et tous fûrent parcourut par un puissant frisson. Geddoe releva son bras, avec la fiertée lisible dans ses yeux, et la détermination au creux de sa main. Tout en élevant ses yeux vers la foule qu'il scruta, sans exception ni distinction, il énuméra des noms, de manière calme, presque imperceptible.

 — Rémélia... Schiffer... Léto... Gardien...

 Sa voix s'intensifia proffondément, pris un air dramatique, et s'envola en crescendo.

 — Darphenix ! Alberich ! Sazer ! Luna ! Réunissez-vous une fois encore ! Nous ne sommes pas les simples pions de l'héritage du créateur ! Nous sommes notre propre héritiers ! Héritiers de notre création ! Tout comme nous avons reconstruit sur les ruines de l'héritage, nous pouvons reconstruire notre chemin et poursuivre notre voie ! Ne laissons pas notre voeux de création mourrir une fois encore ! Agissons et fortifions nous avant que cela ne se reproduise ! Poursuivons notre voie ! Poursuivons notre idéal ! Unissons-nous, une fois encore...

 Il leva la main vers le ciel, puis la referma à nouveau en un poing ferme. Ses yeux semblaient percer la cloison, traverser le toit, et s'ouvrir au ciel. Il cria avec force :

 — JE SERAIS LE NOUVEAU CLAY COLTON !

 Un choeur d'applaudissement et de détermination fiévreuse accompagnèrent son cri final. Il ne restait qu'à savoir si ceux à qui il s'adressait, avait répondu eux aussi en choeur, au grand malgrès de leur différences en causes et en état avec le reste des habitants. Au même moment, le tavernier, qui avait tout observé de derrière, passa à ses côtés et l'applaudit d'un air franc.

 — Bravo, vraiment bravo fiston. Pendant un instant, tu avais vraiment l'air... D'un héros.

 Geddoe ne répondit rien. Il ferma les yeux et se détourna dans ses pensées. Il se retourna et repartit vers la salle arrière.

 — Un héros, hein...
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